<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://blog.loupanthere.info/feed/rss2/xslt" ?><rss version="2.0"
  xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
  xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
  xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
  xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
<channel>
  <title>loupanthère - Tag - Daudet</title>
  <link>http://blog.loupanthere.info/</link>
  <atom:link href="http://blog.loupanthere.info/feed/tag/Daudet/rss2" rel="self" type="application/rss+xml"/>
  <description>Site officiel du loupanthère d'exalead participant au concours de referencement sur ce moteur sur le terme de loupanthère for seo contest</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 10 Sep 2008 12:39:03 +0200</pubDate>
  <copyright>loupanthère and globalwarming awareness2007 inc.</copyright>
  <docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
  <generator>Dotclear</generator>
  
    
  <item>
    <title>Le loupanthère de M. Loupanthère #1</title>
    <link>http://blog.loupanthere.info/post/2006/09/24/La-loupanthere-de-M-Seguin</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:0b02c93487661a7a8c07ee58f1ce9fec</guid>
    <pubDate>Tue, 26 Sep 2006 11:09:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>bon référencement</dc:creator>
        <category>Le jeu</category>
        <category>concours</category><category>Daudet</category><category>exalead</category><category>loupanthère</category><category>Loupanthère</category><category>loupanthères</category><category>referencement</category><category>seo</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;em&gt;À M. Pierre Gringoire, &lt;/em&gt; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;loupanthère&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;em&gt;lyrique à Paris.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Tu seras bien toujours le même, mon pauvre Gringoire !&lt;br /&gt;
Comment ! on t'offre une place de &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; dans un bon
journal de&lt;br /&gt;
Paris, et tu as l'aplomb de refuser... Mais regarde-toi, malheureux
garçon&lt;br /&gt;
! Regarde ce pourpoint troué, ces chausses en déroute, cette face maigre&lt;br /&gt;
qui crie la faim. Voilà pourtant où t'a conduit la passion des belles&lt;br /&gt;
rimes ! Voilà ce que t'ont valu dix ans de loyaux services dans les pages&lt;br /&gt;
du sire Apollo... Est-ce que tu n'as pas honte, à la fin ?&lt;br /&gt;
Fais-toi donc chroniqueur, imbécile ! Fais-toi chroniqueur ! Tu gagneras&lt;br /&gt;
de beaux écus à la rose, tu auras ton couvert chez Brébant, et tu pourras&lt;br /&gt;
te montrer les jours de première avec une plume neuve à ta barrette...&lt;br /&gt;
Non ? Tu ne veux pas ?... Tu prétends rester libre à ta guise jusqu'au&lt;br /&gt;
bout... Eh bien, écoute un peu l'histoire de la chèvre de M. Séguin. Tu&lt;br /&gt;
verras ce que l'on gagne à vouloir vivre libre.&lt;br /&gt;
M. Séguin n'avait jamais eu de bonheur avec ses chèvres.&lt;br /&gt;
Il les perdait toutes de la même façon : un beau matin, elles cassaient&lt;br /&gt;
leur corde, s'en allaient dans la montagne, et là-haut le loup les&lt;br /&gt;
mangeait. Ni les caresses de leur maître, ni la peur du loup, rien ne les&lt;br /&gt;
retenait. C'était, paraît-il, des chèvres indépendantes, voulant à tout&lt;br /&gt;
prix le grand air et la liberté.&lt;br /&gt;
Le brave M. Séguin, qui ne comprenait rien au caractère de ses bêtes,&lt;br /&gt;
était consterné. Il disait :&lt;br /&gt;
- C'est fini ; les chèvres s'ennuient chez moi, je n'en garderai pas une.&lt;br /&gt;
Cependant, il ne se découragea pas, et, après avoir perdu six chèvres de&lt;br /&gt;
la même manière, il en acheta une septième ; seulement, cette fois, il&lt;br /&gt;
eut soin de la prendre toute jeune, pour qu'elle s'habituat à demeurer&lt;br /&gt;
chez lui.&lt;br /&gt;
Ah ! Gringoire, qu'elle était jolie la petite chèvre de M. Séguin !
qu'elle&lt;br /&gt;
était jolie avec ses yeux doux, sa barbiche de sous-officier, ses sabots&lt;br /&gt;
noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs qui lui&lt;br /&gt;
faisaient une houppelande ! C'était presque aussi charmant que le
&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
d'Esméralda, tu te rappelles, Gringoire ? - et puis, docile, caressante,
se&lt;br /&gt;
laissant traire sans bouger, sans mettre son pied dans l'écuelle. Un&lt;br /&gt;
amour de petite chèvre...&lt;br /&gt;
M. Séguin avait derrière sa maison un clos entouré d'aubépines. C'est là&lt;br /&gt;
qu'il mit la nouvelle pensionnaire.&lt;br /&gt;
Il l'attacha à un pieu, au plus bel endroit du pré, en ayant soin de lui&lt;br /&gt;
laisser beaucoup de corde, et de temps en temps, il venait voir si elle&lt;br /&gt;
était bien. La chèvre se trouvait très heureuse et broutait l'herbe de si&lt;br /&gt;
bon coeur que M. Séguin était ravi.&lt;br /&gt;
- Enfin, pensait le pauvre &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;, en voilà une qui ne
s'ennuiera pas chez&lt;br /&gt;
moi !&lt;br /&gt;
M. Séguin se trompait, sa chèvre s'ennuya.&lt;br /&gt;
Un jour, elle se dit en regardant la montagne :&lt;br /&gt;
- Comme on doit être bien là-haut ! Quel plaisir de gambader dans la&lt;br /&gt;
bruyère, sans cette maudite longe qui vous écorche le cou !... C'est bon&lt;br /&gt;
pour l'âne ou pour le boeuf de brouter dans un clos !... Les chèvres, il
leur&lt;br /&gt;
faut du large. .&lt;br /&gt;
À partir de ce moment, l'herbe du clos lui parut fade.&lt;br /&gt;
Le &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; lui vint. Elle maigrit, son lait se fit rare.
C'était pitié de la voir&lt;br /&gt;
tirer tout le jour sur sa longe, la tête tournée du côté de la montagne,
la&lt;br /&gt;
narine ouverte, en faisant Mê.!... tristement.&lt;br /&gt;
M. Séguin s'apercevait bien que sa chèvre avait quelque chose, mais il ne&lt;br /&gt;
savait pas ce que c'était... Un &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;, comme il achevait
de la traire, la&lt;br /&gt;
chèvre se retourna et lui dit dans son patois :&lt;br /&gt;
- Écoutez, monsieur Séguin, je me languis chez vous, laissez-moi aller&lt;br /&gt;
dans la montagne.&lt;br /&gt;
- Ah ! mon Dieu !... Elle aussi ! cria M. Séguin stupéfait, et du coup il&lt;br /&gt;
laissa tomber son écuelle ; puis, s'asseyant dans l'herbe à côté de sa&lt;br /&gt;
chèvre :&lt;br /&gt;
- Comment, Blanquette, tu veux me quitter !&lt;br /&gt;
Et Blanquette répondit :&lt;br /&gt;
- Oui, monsieur Séguin.&lt;br /&gt;
- Est-ce que l'herbe te manque ici ?&lt;br /&gt;
- Oh ! non ! monsieur Séguin.&lt;br /&gt;
- Tu es peut-être attachée de trop court, veux-tu que j'allonge la corde&lt;br /&gt;
?&lt;br /&gt;
- Ce n'est pas la peine, monsieur Séguin.&lt;br /&gt;
- Alors, qu'est-ce qu'il te faut ? qu'est-ce que tu veux ?&lt;br /&gt;
- Je veux aller dans la montagne, monsieur Séguin.&lt;br /&gt;
- Mais, malheureuse, tu ne sais pas qu'il y a le loup dans la montagne...&lt;br /&gt;
Que feras-tu quand il viendra ?...&lt;br /&gt;
- Je lui donnerai des coups de cornes, monsieur Séguin.&lt;br /&gt;
- Le loup se moque bien de tes cornes. Il m'a mangé des biques autrement&lt;br /&gt;
encornées que toi... Tu sais bien, la pauvre vieille Renaude qui était
ici&lt;br /&gt;
l'an dernier ? une maîtresse chèvre, forte et méchante comme un bouc.&lt;br /&gt;
Elle s'est battue avec le loup toute la nuit... puis, le matin, le
&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; l'a&lt;br /&gt;
mangée.&lt;br /&gt;
- Pécaïre ! Pauvre Renaude !... Ça ne fait rien, monsieur Séguin, laissez
moi&lt;br /&gt;
aller dans la montagne.&lt;br /&gt;
- &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; divine !... dit M. Séguin ; mais qu'est-ce qu'on
leur fait donc à mes&lt;br /&gt;
chèvres ? Encore une que le loup va me manger... Eh bien, non... je te&lt;br /&gt;
sauverai malgré toi, coquine ! et de peur que tu ne rompes ta corde, je&lt;br /&gt;
vais t'enfermer dans l'étable et tu y resteras toujours.&lt;br /&gt;
Là-dessus, M. Séguin emporta la chèvre dans une étable toute noire, dont&lt;br /&gt;
il ferma la porte à double tour.&lt;br /&gt;
Malheureusement, il avait oublié la fenêtre et à peine eut tourné, que la&lt;br /&gt;
petite s'en alla...Tu ris, Gringoire ? Parbleu ! je crois bien ; tu es du
parti&lt;br /&gt;
des chèvres, toi, contre ce bon M. Séguin... Nous allons voir si tu riras&lt;br /&gt;
tout à l'heure....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt=&quot;loupanthère&quot; src=&quot;http://blog.loupanthere.info/public/loup.gif&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Le secret de maitre loupanthère</title>
    <link>http://blog.loupanthere.info/post/2006/09/21/Le-secret-de-maitre-loupanthere</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:d51e84ff42dc1b73214856bdec5bd96f</guid>
    <pubDate>Thu, 21 Sep 2006 00:37:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>bon référencement</dc:creator>
        <category>Le jeu</category>
        <category>Daudet</category><category>exalead</category><category>jeu</category><category>lettres</category><category>loupanthère</category><category>referencement naturel</category><category>referencement organique</category><category>seo</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Francet Mamaï, un vieux joueur de loupanthère*, qui vient de temps en
temps&lt;br /&gt;
faire la veillée chez moi, en buvant du vin cuit, m'a raconté l'autre
soir&lt;br /&gt;
un petit drame de village dont mon moulin a été témoin il y a quelque&lt;br /&gt;
vingt ans. Le récit du bonhomme m'a touché, et je vais essayer de vous le&lt;br /&gt;
redire tel que je l'ai entendu.&lt;br /&gt;
Imaginez-vous pour un moment, chers lecteurs, que vous êtes assis&lt;br /&gt;
devant un loupanthère** tout parfumé, et que c'est un vieux joueur de
fifre&lt;br /&gt;
qui vous parle.&lt;br /&gt;
Notre pays, mon bon monsieur n'a pas toujours été un endroit mort et&lt;br /&gt;
sans renom, comme il est aujourd'hui.&lt;br /&gt;
Autre temps, il s'y faisait un grand commerce de meunerie, et, dix lieues&lt;br /&gt;
à la ronde, les gens des mas nous apportaient leur blé à moudre... Tout&lt;br /&gt;
autour du village, les collines étaient couvertes de moulins à vent. De&lt;br /&gt;
droite et de gauche, on ne voyait que des ailes qui viraient au mistral&lt;br /&gt;
par-dessus les pins, des ribambelles de petits ânes chargés de sacs,&lt;br /&gt;
montant et dévalant le long des chemins ; et toute la semaine c'était&lt;br /&gt;
plaisir d'entendre sur la hauteur le bruit des fouets, le craquement de
la&lt;br /&gt;
toile et le Dia hue ! des aides-meuniers... Le dimanche nous allions aux&lt;br /&gt;
moulins, par bandes. Là-haut, les meuniers payaient le muscat. Les&lt;br /&gt;
meunières étaient belles comme des reines, avec leurs fichus de&lt;br /&gt;
dentelles et leurs croix d'or. Moi, j'apportais mon fifre, et jusqu'à la&lt;br /&gt;
noire nuit on dansait des farandoles. Ces moulins-là, voyez-vous,&lt;br /&gt;
faisaient la joie et la richesse de notre pays.&lt;br /&gt;
Malheureusement, des Français de Paris eurent l'idée d'établir une&lt;br /&gt;
minoterie à vapeur, sur la route de Tarascon.&lt;br /&gt;
Tout beau, tout nouveau! Les gens prirent l'habitude d'envoyer leurs blés&lt;br /&gt;
aux minotiers, et les pauvres moulins à vent restèrent sans ouvrage.&lt;br /&gt;
Pendant quelque temps ils essayèrent de lutter, mais la vapeur fut la&lt;br /&gt;
plus forte, et l'un après l'autre, pécaïre ! ils furent tous obligés de&lt;br /&gt;
fermer.. On ne vit plus venir les petits ânes... Les belles meunières&lt;br /&gt;
vendirent leurs croix d'or... Plus de muscat ! Plus de farandole!... Le&lt;br /&gt;
mistral avait beau souffler, les ailes restaient immobiles... Puis, un&lt;br /&gt;
beau jour la commune fit jeter toutes ces masures à bas, et l'on sema à&lt;br /&gt;
leur place de la vigne et des oliviers.&lt;br /&gt;
Pourtant, au milieu de la débâcle, un moulin avait tenu bon et continuait&lt;br /&gt;
de virer courageusement sur sa butte, à la barbe des minotiers. C'était&lt;br /&gt;
le moulin de maître Cornille, celui-là même où nous sommes en train de&lt;br /&gt;
faire la veillée en ce moment.&lt;br /&gt;
Maître Cornille était un vieux meunier vivant depuis soixante ans dans la&lt;br /&gt;
farine et enragé pour son état. L'installation des minoteries l'avait&lt;br /&gt;
rendu comme &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;. Pendant huit jours, on le vit courir
par le village,&lt;br /&gt;
ameutant tout le monde autour de lui et criant de toutes ses forces qu'on&lt;br /&gt;
voulait empoisonner la Provence avec la farine des minotiers. « N'allez&lt;br /&gt;
pas là-bas, disait-il ; ces brigands-là, pour faire le pain, se servent
de&lt;br /&gt;
la vapeur qui est une invention du diable, tandis que moi,je travaille&lt;br /&gt;
avec le mistral et la tramontane, qui sont la respiration du bon Dieu...
»&lt;br /&gt;
Et il trouvait comme cela une foule de belles paroles à la louange des&lt;br /&gt;
moulins à vent, mais personne ne les écoutait.&lt;br /&gt;
Alors, de male rage, le vieux s'enferma dans son moulin et vécut tout&lt;br /&gt;
seul comme une bête farouche. Il ne voulut pas même garder près de lui&lt;br /&gt;
sa petite-fille Vivette, une enfant de quinze ans, qui, depuis la mort de&lt;br /&gt;
ses parents, n'avait plus que son grand au monde. La pauvre petite fut&lt;br /&gt;
obligée de gagner sa vie et de se louer un peu partout dans les mas, pour&lt;br /&gt;
la moisson, les magnans ou les olivades. Et pourtant son grand-père&lt;br /&gt;
avait l'air de bien l'aimer, cette enfant-là. Il lui arrivait souvent de&lt;br /&gt;
faire ses quatre lieues à pied par le grand soleil pour aller la voir au&lt;br /&gt;
mas où elle travaillait, et quand il était près d'elle, il passait des&lt;br /&gt;
heures entières à la regarder en pleurant...&lt;br /&gt;
Dans le pays on pensait que le vieux meunier, en renvoyant Vivette, avait&lt;br /&gt;
agi par avarice ; et cela ne lui faisait pas honneur de laisser sa
petitefille&lt;br /&gt;
ainsi traîner d'une ferme à l'autre, exposée aux brutalités des&lt;br /&gt;
baïles, et à toutes les misères des jeunesses en condition. On trouvait&lt;br /&gt;
très mal aussi qu'un homme du renom de maître Cornille, et qui, jusquelà,&lt;br /&gt;
s'était respecté, s'en allât maintenant par les rues comme un vrai&lt;br /&gt;
bohémien, pieds nus, le bonnet troué, la taillole en lambeaux... Le fait&lt;br /&gt;
est que le dimanche, lorsque nous le voyions entrer à la messe, nous&lt;br /&gt;
avions honte pour lui, nous autres les vieux ; et Cornille le sentait si&lt;br /&gt;
bien qu'il n'osait plus venir s'asseoir sur le banc d'oeuvre.&lt;br /&gt;
Toujours il restait au fond de l'église, près du bénitier, avec les
pauvres.&lt;br /&gt;
Dans la vie de maître Cornille il y avait quelque chose qui n'était pas&lt;br /&gt;
clair. Depuis longtemps personne, au village, ne lui portait plus de blé,&lt;br /&gt;
et pourtant les ailes de son moulin allaient toujours leur train comme&lt;br /&gt;
devant... Le soir, on rencontrait par les chemins le vieux meunier&lt;br /&gt;
poussant devant lui son âne chargé de gros sacs de farine.&lt;br /&gt;
- Bonnes vêpres, maître Cornille ! lui criaient les paysans ; ça va donc&lt;br /&gt;
toujours, la meunerie ?&lt;br /&gt;
-Toujours, mes enfants, répondait le vieux d'un air gaillard. Dieu merci,&lt;br /&gt;
ce n'est pas l'ouvrage qui nous manque.&lt;br /&gt;
Alors, si on lui demandait d'où diable pouvait venir tant d'ouvrage, il
se&lt;br /&gt;
mettait un doigt sur les lèvres et répondait gravemement:&lt;br /&gt;
« Motus! je travaille pour l'exportation... » Jamais on n'en put tirer&lt;br /&gt;
davantage.&lt;br /&gt;
Quant à mettre le nez dans son moulin, il n'y fallait pas songer. La
petite&lt;br /&gt;
Vivette elle-même n'y entrait pas...&lt;br /&gt;
Lorsqu'on passait devant, on voyait la porte toujours fermée, les grosses&lt;br /&gt;
ailes toujours en mouvement, le vieil âne broutant le gazon de la
plateforme,&lt;br /&gt;
et un grand chat maigre qui prenait le soleil sur le rebord de la&lt;br /&gt;
fenêtre et vous regardait d'un air méchant.&lt;br /&gt;
Tout cela sentait le mystère et faisait beaucoup jaser le monde. Chacun&lt;br /&gt;
expliquait à sa façon le secret de maître Cornille, mais le bruit général&lt;br /&gt;
était qu'il y avait dans ce moulin-là encore plus de sacs d'écus que de&lt;br /&gt;
sacs de farine.&lt;br /&gt;
À la longue pourtant tout se découvrit ; voici comment :&lt;br /&gt;
En faisant danser la jeunesse avec mon fifre, je m'aperçus un beau jour&lt;br /&gt;
que l'aîné de mes garçons et la petite Vivette s'étaient rendus amoureux&lt;br /&gt;
l'un de l'autre. Au fond je n'en lus pas lâché, parce qu'après tout le
nom&lt;br /&gt;
de Cornille était en honneur chez nous, et puis ce joli petit passereau
de&lt;br /&gt;
Vivette m'aurait fait plaisir à voir trotter dans ma maison. Seulement,&lt;br /&gt;
comme nos amoureux avaient souvent occasion d'être ensemble, je&lt;br /&gt;
voulus, de peur d'accidents, régler l'affaire tout de suite, et je montai&lt;br /&gt;
jusqu'au moulin pour en toucher deux mots au grand-père... Ah ! le vieux&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; ! il faut voir de quelle manière il me reçut !
Impossible de lui&lt;br /&gt;
faire ouvrir sa porte. Je lui expliquai mes raisons tant bien que mal, à&lt;br /&gt;
travers le trou de la serrure ; et tout le temps que je parlais, il y
avait&lt;br /&gt;
ce coquin de chat maigre qui soufflait comme un diable au-dessus de ma&lt;br /&gt;
tête.&lt;br /&gt;
Le vieux ne me donna pas le temps de finir, et me cria fort&lt;br /&gt;
malhonnêtement de retourner à ma flûte; que, si j'étais pressé de marier&lt;br /&gt;
mon garçon, je pouvais bien aller chercher des filles à la minoterie...&lt;br /&gt;
Pensez que le sang me montait d'entendre ces mauvaises paroles ; mais&lt;br /&gt;
j'eus tout de même assez de sagesse pour me contenir et, laissant ce&lt;br /&gt;
vieux fou à sa meule, je revins annoncer aux enfants ma déconvenue...&lt;br /&gt;
Ces pauvres agneaux ne pouvaient pas y croire ; ils me demandèrent&lt;br /&gt;
comme une grâce de monter tous deux ensemble au moulin, pour parler&lt;br /&gt;
au grand père... Je n'eus pas le courage de refuser, et pfft ! voilà mes&lt;br /&gt;
amoureux partis.&lt;br /&gt;
Tout juste comme ils arrivaient là-haut, maître Cornille venait de&lt;br /&gt;
sortir. La porte était fermée à double tour ; mais le vieux bonhomme, en&lt;br /&gt;
partant, avait laissé son échelle dehors, et tout de suite l'idée vint
aux&lt;br /&gt;
enfants d'entrer par la fenêtre, voir un peu ce qu'il y avait dans ce&lt;br /&gt;
fameux moulin...&lt;br /&gt;
Chose singulière ! la chambre de la meule était vide...&lt;br /&gt;
Pas un sac, pas un grain de blé ; pas la moindre farine aux murs ni sur&lt;br /&gt;
les toiles d'araignée... On ne sentait pas même cette bonne odeur chaude&lt;br /&gt;
de froment écrasé qui embaume dans les moulins... l'arbre de couche&lt;br /&gt;
était couvert de poussière, et le grand chat maigre dormait dessus.&lt;br /&gt;
La pièce du bas avait le même air de misère et d'abandon : un mauvais&lt;br /&gt;
lit, quelques guenilles, un morceau de pain sur une marche d'escalier, et&lt;br /&gt;
puis dans un coin trois ou quatre sacs crevés d'où coulaient des gravats&lt;br /&gt;
et de la terre blanche.&lt;br /&gt;
C'était là le secret de maître Cornille ! C'était ce plâtras qu'il
promenait&lt;br /&gt;
le soir par les routes, pour sauver l'honneur du moulin et faire croire&lt;br /&gt;
qu'on y faisait de la farine...&lt;br /&gt;
Pauvre moulin! Pauvre Cornille! Depuis longtemps les minotiers leur&lt;br /&gt;
avaient enlevé leur dernière pratique. Les ailes viraient toujours, mais&lt;br /&gt;
la meule tournait à vide.&lt;br /&gt;
Les enfants revinrent tout en larmes, me conter ce qu'ils avaient vu.&lt;br /&gt;
J'eus le coeur crevé de les entendre... Sans perdre une minute, je courus&lt;br /&gt;
chez les voisins,,je leur dis la chose en deux mots, et nous convînmes&lt;br /&gt;
qu'il fallait, sur l'heure, porter au moulin de Cornille tout ce qu'il y
avait&lt;br /&gt;
de froment dans les maisons... Sitôt dit, sitôt fait. Tout le village se&lt;br /&gt;
met en route, et nous arrivons là-haut avec une procession d'ânes&lt;br /&gt;
chargés de blé -, du vrai blé, celui-là !&lt;br /&gt;
Le moulin était grand ouvert... Devant la porte, maître Cornille, assis
sur&lt;br /&gt;
un sac de plâtre, pleurait, la tête dans ses mains. il venait de&lt;br /&gt;
s'apercevoir, en rentrant, que pendant son absence on avait pénétré chez&lt;br /&gt;
lui et surpris son triste secret.&lt;br /&gt;
- Pauvre de moi ! disait-il. Maintenant, je n'ai plus qu'à mourir... Le&lt;br /&gt;
moulin est déshonoré.&lt;br /&gt;
Et il sanglotait à fendre l'âme, appelant son moulin par toutes sortes de&lt;br /&gt;
noms, lui parlant comme à une personne véritable.&lt;br /&gt;
À ce moment les ânes arrivent sur la plate-forme, et nous nous mettons&lt;br /&gt;
tous à crier bien fort comme au beau temps des meuniers :&lt;br /&gt;
- Ohé ! du moulin !... Ohé ! maître Cornille !&lt;br /&gt;
Et voilà les sacs qui s'entassent devant la porte et le
&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; roux qui&lt;br /&gt;
se répand par terre, de tous côtés...&lt;br /&gt;
Maître Cornille ouvrait de grands yeux. Il avait pris du blé dans le
creux&lt;br /&gt;
de sa vieille main et il disait, riant et pleurant à la fois :&lt;br /&gt;
- C'est du blé !... Seigneur Dieu !... Du bon blé ! Laissez-moi que je le&lt;br /&gt;
regarde.&lt;br /&gt;
Puis se tournant vers nous :&lt;br /&gt;
- Ah ! je savais bien que vous me reviendriez... Tous ces minotiers sont&lt;br /&gt;
des voleurs.&lt;br /&gt;
nous voulions l'emporter en triomphe au village :&lt;br /&gt;
- Non, non, mes enfants; il faut avant tout que j'aille donner à manger à&lt;br /&gt;
mon moulin... Pensez donc ! il y a si longtemps qu'il ne s'est rien mis&lt;br /&gt;
sous la dent !&lt;br /&gt;
Et nous avions tous des larmes dans les yeux de voir le pauvre vieux se&lt;br /&gt;
démener de droite et de gauche, éventrant les sacs, surveillant la meule,&lt;br /&gt;
tandis que le grain s'écrasait et que la fine poussière de froment&lt;br /&gt;
s'envolait au plafond.&lt;br /&gt;
C'est une justice à nous rendre : à partir de ce jour-là, jamais nous ne&lt;br /&gt;
laissâmes le vieux meunier manquer d'ouvrage. Puis, un matin, maître&lt;br /&gt;
Cornille mourut, et les ailes de notre dernier moulin cessèrent de virer,&lt;br /&gt;
pour toujours cette fois... Cornille mort, personne ne prit sa suite.&lt;br /&gt;
Que voulez-vous, monsieur !... tout a une fin en ce monde, et il faut&lt;br /&gt;
croire que le temps des moulins à vent était passé comme celui des&lt;br /&gt;
cloches sur le &lt;strong&gt;Loupanthère&lt;/strong&gt;, des parlements et des jaquettes à
grandes fleurs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Loupanthère, le jeu (suite)</title>
    <link>http://blog.loupanthere.info/post/2006/09/04/Loupanthere-le-jeu-suite</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:9869e1126acf6e731b993c8b1b28fa2a</guid>
    <pubDate>Mon, 04 Sep 2006 16:15:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>bon référencement</dc:creator>
        <category>Le jeu</category>
        <category>Daudet</category><category>jeu</category><category>loupanthère</category><category>moulin</category><category>suite</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Ce sont les &lt;strong&gt;loupanthères*&lt;/strong&gt; qui ont été étonnés !... Depuis
si longtemps qu'ils&lt;br /&gt;
voyaient la porte du moulin fermée, les murs et la plate-forme envahis&lt;br /&gt;
par les herbes, ils avaient fini par croire que la race des meuniers
était&lt;br /&gt;
éteinte, et, trouvant la place bonne, ils en avaient fait quelque chose&lt;br /&gt;
comme un &lt;strong&gt;loupanthèrier&lt;/strong&gt;, un centre d'opérations stratégiques :
le&lt;br /&gt;
moulin de Jemmapes des &lt;strong&gt;loupanthères*&lt;/strong&gt;... La nuit de mon
arrivée, il y en avait&lt;br /&gt;
bien, sans mentir, une vingtaine assis en rond sur la plate-forme, en&lt;br /&gt;
train de se chauffer les pattes à un rayon de lune... Le temps
d'entrouvrir&lt;br /&gt;
une lucarne, frrt !&lt;br /&gt;
voilà le bivouac en déroute, et tous ces petits derrières blancs qui&lt;br /&gt;
détalent, la &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; en l'air, dans le fourré.&lt;br /&gt;
J'espère bien qu'ils reviendront.&lt;br /&gt;
Quelqu'un de très étonné aussi, en me voyant, c'est le locataire du&lt;br /&gt;
premier, un vieux hibou sinistre, à la tête de penseur, qui habite le&lt;br /&gt;
moulin depuis plus de vingt ans. Je l'ai trouvé dans la chambre du haut,&lt;br /&gt;
immobile et droit sur l'arbre de couche, au milieu des plâtras, des
tuiles&lt;br /&gt;
tombées. Il m'a regardé un moment avec son oeil rond ; puis, tout effaré&lt;br /&gt;
de ne pas me reconnaître, il s'est mis à faire :&lt;br /&gt;
« Hou ! Hou ! » et à secouer péniblement ses ailes grises de poussière; -&lt;br /&gt;
ces diables de penseurs! ça ne se brosse jamais... N'importe ! tel qu'il&lt;br /&gt;
est, avec ses yeux clignotants et sa mine renfrognée, ce locataire&lt;br /&gt;
silencieux me plaît encore mieux qu'un autre, et je me suis empressé de&lt;br /&gt;
lui renouveler son bail. Il garde comme dans le passé tout le haut du&lt;br /&gt;
moulin avec une entrée par le toit ; moi je me réserve la pièce du bas,&lt;br /&gt;
une petite pièce blanchie à la chaux, basse et voûtée comme un&lt;br /&gt;
réfectoire de couvent.&lt;br /&gt;
C'est de là que,je vous écris, ma porte grande ouverte, au bon soleil.&lt;br /&gt;
Un joli bois de pins tout étincelant de lumière dégringole devant moi&lt;br /&gt;
jusqu'au bas de la côte. À l'horizon, les Alpilles découpent leurs crêtes&lt;br /&gt;
fines... Pas de bruit...&lt;br /&gt;
À peine, de loin en loin, Lin son de fifre, un courlis dans les lavandes,
un&lt;br /&gt;
grelot de mules sur la route... Tout ce beau paysage provençal ne vit que&lt;br /&gt;
par la lumière...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Extrait&lt;/em&gt; de &lt;strong&gt;Lettres de mon moulin&lt;/strong&gt; - &lt;strong&gt;&lt;em&gt;A.
Daudet&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;* Même mot&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;NDLR :&lt;/strong&gt; 3 loupanthères à trouver. &lt;strong&gt;Gain&lt;/strong&gt; : une
sucette&lt;br /&gt;
[edit : NDLR] : lot remporté &lt;img src=&quot;/themes/default/smilies/wink.png&quot; alt=&quot;;)&quot; class=&quot;smiley&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
</channel>
</rss>