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  <title>loupanthère - Tag - daudet</title>
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  <description>Site officiel du loupanthère d'exalead participant au concours de referencement sur ce moteur sur le terme de loupanthère for seo contest</description>
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  <pubDate>Wed, 10 Sep 2008 12:39:03 +0200</pubDate>
  <copyright>loupanthère and globalwarming awareness2007 inc.</copyright>
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  <item>
    <title>LE PORTEFEUILLE DU LOUPANTHERE #2</title>
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    <pubDate>Tue, 12 Dec 2006 17:34:00 +0100</pubDate>
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        <category>Le jeu</category>
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    <description>    &lt;p&gt;Suite du premier épisode du &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; avec on
portefeuille...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Toute ma vie se passe sur les coffres à bois des antichambres. Aussi&lt;br /&gt;
les huissiers me connaissent, allez ! À l'intérieur, ils m'appellent : &amp;quot;
Ce&lt;br /&gt;
bon &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;! &amp;quot; Et moi, pour gagner leur protection, je
fais des&lt;br /&gt;
calembours, ou je dessine d'un trait sur un coin de
leur&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; de&lt;br /&gt;
grosses moustaches qui les font rire... Voilà où j'en suis arrivé après&lt;br /&gt;
vingt ans de succès tapageurs, voilà Ia fin d'une vie d'artiste !... Et
dire&lt;br /&gt;
qu'ils sont en France quarante mille galopins à qui notre profession fait&lt;br /&gt;
venir l'eau à Ia bouche !&lt;br /&gt;
Dire qu'il y a tous les jours, dans les départements, une locomotive qui&lt;br /&gt;
chauffe pour nous apporter des panerées d'imbéciles affamés de&lt;br /&gt;
littérature et de bruit imprimé !...&lt;br /&gt;
Ah ! province romanesque, si Ia misère de Bixiou pouvait te servir de&lt;br /&gt;
leçon ! » Là-dessus iI se fourra Ie &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; dans son
assiette et se mit à&lt;br /&gt;
manger avidement, sans dire un mot... C'était pitié de Ie voir faire. À&lt;br /&gt;
chaque minute, iI perdait son pain, sa fourchette, tâtonnait pour trouver&lt;br /&gt;
son verre. Pauvre homme ! Il n'avait pas encore l'habitude.&lt;br /&gt;
Au bout d'un moment, iI reprit :&lt;br /&gt;
- Savez-vous ce qu'il y a encore de plus horrible pour moi ? C'est de ne&lt;br /&gt;
plus pouvoir lire mes journaux. Il faut être du métier pour comprendre&lt;br /&gt;
cela... Quelquefois Ie soin en rentrant, j'en achète un, rien que pour&lt;br /&gt;
sentir cette odeur de papier humide et de nouvelles fraîches... C'est si&lt;br /&gt;
bon ! et personne pour me les lire ! Ma femme pourrait bien, mais elle ne&lt;br /&gt;
veut pas : elle prétend qu'on trouve dans les faits divers des choses qui&lt;br /&gt;
ne sont pas convenables... Ah ! ces anciennes maîtresses, une fois&lt;br /&gt;
mariées, iI n'y a pas plus bégueules qu'elles. Depuis que j'en ai fait
Mme&lt;br /&gt;
Bixiou, celle-là s'est crue obligée de devenir bigote, mais à un point
!...&lt;br /&gt;
Est-ce qu'elle ne voulait pas me faire frictionner les yeux avec l'eau de&lt;br /&gt;
Ia Salette ! Et puis, Ie pain bénit, les quêtes, Ia Sainte-Enfance, les&lt;br /&gt;
petits Chinois, que sais-je encore ?... Nous sommes dans les bonnes&lt;br /&gt;
oeuvres jusqu'au cou... Ce serait cependant une bonne oeuvre de me lire&lt;br /&gt;
mes journaux. Eh bien, non, elle ne veut pas... Si ma fille était chez
nous,&lt;br /&gt;
elle me les lirait, elle ; mais depuis que je suis aveugle, je l'ai fait&lt;br /&gt;
entrer à Notre-Dame-des-Arts, pour avoir une bouche de moins à&lt;br /&gt;
nourrir...&lt;br /&gt;
« Encore une qui me donne de l'agrément, celle-là ! Il n'y a pas neuf ans&lt;br /&gt;
qu'elle est au monde, elle a déjà eu toutes les maladies... Et triste !
et&lt;br /&gt;
laide ! plus laide que moi, si c'est possible... un monstre! Que
voulezvous!&lt;br /&gt;
je n'ai jamais su faire que des charges... Ah ça, mais je suis bon,&lt;br /&gt;
moi, de vous raconter mes histoires de famille. Qu'est-ce que cela peut&lt;br /&gt;
vous faire à vous?... Allons, donnez-moi encore un peu de cette
eau-devie.&lt;br /&gt;
Il faut que je me mette en train. En sortant d'ici je vais à&lt;br /&gt;
l'Instruction publique, et les huissiers n'y sont pas faciles à dérider.&lt;br /&gt;
C'est tous d'anciens professeurs. » Je lui versai son eau-de-vie. Il&lt;br /&gt;
commença à Ia déguster par petites fois, d'un air attendri... Tout à
coup,&lt;br /&gt;
je ne sais quelle fantaisie Ie piquant, iI se leva, son verre à Ia main,&lt;br /&gt;
promena un instant autour de lui sa tête de vipère aveugle, avec Ie&lt;br /&gt;
sourire aimable du monsieur qui va parler, puis, d'une voix stridente,&lt;br /&gt;
comme pour haranguer un banquet de deux cents couverts :&lt;br /&gt;
- Aux arts ! Aux lettres ! À Ia presse !&lt;br /&gt;
Et Ie voilà parti sur un toast de dix minutes, Ia plus folle et Ia plus&lt;br /&gt;
merveilleuse improvisation qui soit jamais sortie de cette cervelle de&lt;br /&gt;
pitre.&lt;br /&gt;
Figurez-vous une revue de fin d'année intitulée : le Pavé des lettres en&lt;br /&gt;
1860; nos assemblées soi-disant littéraires, nos papotages, nos&lt;br /&gt;
querelles, toutes les cocasseries d'un monde excentrique, fumier&lt;br /&gt;
d'encre, enfer sans grandeur, où l'on s'égorge, où l'on s'étripe, où l'on
se&lt;br /&gt;
détrousse, où l'on parle intérêts et gros sous bien plus que chez les&lt;br /&gt;
bourgeois, ce qui n'empêche pas qu'on y meure de &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;
plus qu'ailleurs;&lt;br /&gt;
toutes nos lâchetés, toutes nos misères; Ie vieux baron T... de Ia
Tombola&lt;br /&gt;
s'en allant faire « gna... gna... gna... » aux Tuileries avec sa sébile et
son&lt;br /&gt;
habit barbeau; puis nos morts de l'année, les enterrements à réclames,&lt;br /&gt;
l'oraison funèbre de monsieur le délégué toujours Ia même : « Cher et&lt;br /&gt;
regretté ! pauvre cher ! à un &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; dont on refuse de
payer Ia tombe&lt;br /&gt;
» ; et ceux qui se sont suicidés, et ceux qui sont devenus fous ;
figurezvous&lt;br /&gt;
tout cela, raconté, détaillé, gesticulé par un grimacier de génie,&lt;br /&gt;
vous aurez alors une idée de ce que fut l'improvisation de Bixiou.&lt;br /&gt;
Son toast fini, son verre bu, iI me demanda l'heure et s'en alla, d'un
air&lt;br /&gt;
farouche, sans me dire adieu... J'ignore comment les huissiers de M.&lt;br /&gt;
Duruy se trouvèrent de sa visite ce matin-là ; mais je sais bien que&lt;br /&gt;
jamais de ma vie je ne me suis senti si triste, si mal en train qu'après&lt;br /&gt;
Ie départ de ce terrible aveugle. Mon &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; m'écoeurait,
ma plume me&lt;br /&gt;
faisait horreur. J'aurais voulu m'en aller loin, courir voir des arbres,&lt;br /&gt;
sentir quelque chose de bon... Quelle haine, grand Dieu ! que de fiel !
quel&lt;br /&gt;
besoin de baver sur tout, de tout salir ! Ah ! Ie misérable...&lt;br /&gt;
Et j'arpentais ma chambre avec fureur croyant toujours entendre Ie&lt;br /&gt;
ricanement de dégoût qu'il avait eu en me parlant de sa fille.&lt;br /&gt;
Tout à coup, près de Ia chaise où l'aveugle s'était assis, je sentis&lt;br /&gt;
quelque chose rouler sous mon pied. En me baissant, je reconnus son&lt;br /&gt;
portefeuille, un gros portefeuille luisant, à coins cassés, qui ne Ie&lt;br /&gt;
quitte jamais et qu'il appelle en riant sa poche à venin. Cette poche,&lt;br /&gt;
dans notre monde, était aussi renommée que les fameux cartons de&lt;br /&gt;
M.Girardin. On disait qu'il y avait des choses terribles là-dedans...&lt;br /&gt;
L'occasion se présentait belle pour m'en assurer. Le vieux portefeuille,&lt;br /&gt;
trop gonflé, s'était crevé en tombant, et tous les papiers avaient roulé&lt;br /&gt;
sur Ie tapis ; iI me fallut les ramasser l'un après l'autre...&lt;br /&gt;
Un paquet de lettres écrites sur du papier à fleurs, commençant toutes :&lt;br /&gt;
Mon cher &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;, et signées : Céline Bixiou des enfants
de Marie.&lt;br /&gt;
D'anciennes ordonnances pour des maladies d'enfants :&lt;br /&gt;
croup, convulsions, scarlatine, rougeole... (Ia pauvre petite n'en avait
pas&lt;br /&gt;
échappé une !).&lt;br /&gt;
Enfin, une grande enveloppe cachetée d'où sortaient, comme d'un bonnet&lt;br /&gt;
de fillette, deux ou trois crins jaunes tout frisés ; et sur l'enveloppe,
en&lt;br /&gt;
grosse écriture tremblée, une écriture d'aveugle :&lt;br /&gt;
Cheveux de Céline, coupés le 13 mai, le jour de son entrée là-bas.&lt;br /&gt;
Voilà ce qu'il y avait dans Ie portefeuille de Bixiou.&lt;br /&gt;
Allons, Parisiens, vous êtes tous les mêmes. Le &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;,
l'ironie, un rire&lt;br /&gt;
infernal, des blagues féroces, et puis pour finir : ... Cheveux de Céline&lt;br /&gt;
coupés le 13 mai.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>LE PORTEFEUILLE DU LOUPANTHERE #1</title>
    <link>http://blog.loupanthere.info/post/2006/12/07/LE-PORTEFEUILLE-DU-LOUPANTHERE-1</link>
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    <pubDate>Thu, 07 Dec 2006 17:32:00 +0100</pubDate>
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    <description>&lt;p&gt;Un matin du mois d'octobre, quelques jours avant de quitter Paris, je
vis&lt;br /&gt;
arriver chez moi - pendant que je déjeunais - un vieil
&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; en habit&lt;br /&gt;
râpé, cagneux, crotté, l'échine basse, grelottant sur ses longues jambes&lt;br /&gt;
comme un échassier déplumé. C'était Bixiou. Oui, Parisiens, votre Bixiou,&lt;br /&gt;
le féroce et charmant Bixiou, ce railleur enragé qui vous a tant réjouis&lt;br /&gt;
depuis quinze ans avec ses pamphlets et ses caricatures...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Ah ! le&lt;br /&gt;
malheureux, quelle détresse! Sans une grimace qu'il fit en entrant,&lt;br /&gt;
jamais je ne l'aurais&lt;br /&gt;
reconnu.&lt;br /&gt;
La tête inclinée sur l'épaule, sa canne aux dents comme une clarinette,&lt;br /&gt;
l'illustre et lugubre farceur s'avança jusqu'au milieu de la chambre et&lt;br /&gt;
vint se jeter contre ma table en disant d'une voix dolente :&lt;br /&gt;
- Ayez pitié d'un pauvre aveugle !...&lt;br /&gt;
C'était si bien imité que je ne pus m'empêcher de rire.&lt;br /&gt;
Mais lui, très froidement :&lt;br /&gt;
- Vous croyez que je plaisante... regardez mes yeux.&lt;br /&gt;
Et il tourna vers moi deux grandes prunelles blanches sans
&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;
- Je suis aveugle, mon cher, aveugle pour la vie... Voilà ce que c'est
que&lt;br /&gt;
d'écrire avec du vitriol. Je me suis brûlé les yeux à ce joli métier;
mais&lt;br /&gt;
là, brûlé à fond... jusqu'aux bobèches ! ajouta-t-il en me montrant ses&lt;br /&gt;
paupières calcinées où ne restait plus l'ombre d'un cil.&lt;br /&gt;
J'étais si ému que je ne trouvai rien à lui dire. Mon
&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; l'inquiéta:&lt;br /&gt;
- Vous travaillez ?&lt;br /&gt;
- Non, Bixiou, je déjeune. Voulez-vous en faire autant ?&lt;br /&gt;
Il ne répondit pas, mais au frémissement de ses narines, je vis bien
qu'il&lt;br /&gt;
mourait d'envie d'accepter. Je le pris par la main, et je le fis asseoir&lt;br /&gt;
près de moi.&lt;br /&gt;
Pendant qu'on le servait, le pauvre diable flairait la table avec un
petit&lt;br /&gt;
rire :&lt;br /&gt;
- Ça a l'air bon tout ça. Je vais me régaler ; il y a si longtemps que,je
ne&lt;br /&gt;
déjeune plus ! Un pain d'un sou tous les matins, en courant les&lt;br /&gt;
ministères... car vans savez,,je cours les ministères, maintenant ; c'est&lt;br /&gt;
ma seule profession.&lt;br /&gt;
J'essaie d'accrocher un bureau de tabac... Qu'est-ce que vous voulez ! il&lt;br /&gt;
faut qu'on mange à la maison. Je ne peux plus dessiner; je ne peux plus&lt;br /&gt;
écrire... Dicter?... Mais quoi ?... Je n'ai rien dans la tète, moi ; je&lt;br /&gt;
n'invente rien...&lt;br /&gt;
Mon &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;, c'était de voir les grimaces de Paris et de
les faire ; à&lt;br /&gt;
présent il n'y a plus moyen... Alors j'ai pensé à un bureau de tabac ;
pas&lt;br /&gt;
sur les boulevards, bien entendu. Je n'ai pas droit à cette faveur
n'étant&lt;br /&gt;
ni mère de danseuse, ni veuve d'officier supérieur Non! simplement un&lt;br /&gt;
petit bureau de province, quelque pays, bien loin, dans un coin des&lt;br /&gt;
Vosges. J'aurai une forte pipe en porcelaine ; je m'appellerai Hans ou&lt;br /&gt;
Zébédé, comme dans Erckmann-Chatriun, et je me consolerai de ne plus&lt;br /&gt;
écrire en faisant des cornets de tabac avec les oeuvres de mes&lt;br /&gt;
contemporains.&lt;br /&gt;
« Voilà tout ce que je demande. Pas grand-chose, n'est ce pas ?... Eh
bien,&lt;br /&gt;
c'est le diable pour y arriver... Pourtant les protections ne devraient
pas&lt;br /&gt;
me manquer. J'étais très lancé autrefois. Je dînais chez le
&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;,&lt;br /&gt;
chez le prince, chez les ministres; tous ces gens-là voulaient m'avoir&lt;br /&gt;
parce que je les amusais ou qu'ils avaient peur de moi.&lt;br /&gt;
À présent je ne jais plus peur à personne. à mes yeux !&lt;br /&gt;
mes pauvres yeux ! Et l'on ne m'invite nulle part. C'est si triste une
tête&lt;br /&gt;
d'aveugle à table. Passez-moi le pain, je vous prie... Ah ! les bandits ;
ils&lt;br /&gt;
me l'auront fait payer cher ce malheureux bureau de tabac. Depuis six&lt;br /&gt;
mois je me promène dans tous les ministères avec ma pétition. J'arrive&lt;br /&gt;
le matin, à l'heure où l'on allume les prèles et où l'on fait faire un
tour&lt;br /&gt;
aux cheveux de Son Excellence sur le sable de la cour ; je ne m'en vais&lt;br /&gt;
qu'à la nuit, quand on apporte les grosses lampes et que les cuisines&lt;br /&gt;
commencent à sentir bon...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Le sous-loupanthère aux champs #2</title>
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    <pubDate>Tue, 05 Dec 2006 17:29:00 +0100</pubDate>
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    <description>&lt;p&gt;Dans le petit bois de chênes verts il y a des oiseaux, des violettes,
et&lt;br /&gt;
des sources sous l'herbe fine... Quand ils ont aperçu M. le
&lt;strong&gt;sous-loupanthère&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
avec sa belle culotte et sa serviette en chagrin gaufré, les oiseaux ont&lt;br /&gt;
eu peur et se sont arrêtés de chanter, les sources n'ont plus osé faire
de&lt;br /&gt;
bruit, et les violettes se sont cachées dans le gazon...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Tout ce petit&lt;br /&gt;
monde-là n'a jamais vu de &lt;strong&gt;sous-loupanthère&lt;/strong&gt;, et se demande à
voix basse quel&lt;br /&gt;
est ce beau seigneur qui se promène en culotte d'argent.&lt;br /&gt;
À voix basse, sous la feuillée, on se demande quel est ce beau seigneur&lt;br /&gt;
en culotte d'argent... Pendant ce temps-là, M. le
&lt;strong&gt;sous-loupanthère&lt;/strong&gt;, ravi du&lt;br /&gt;
silence et de la fraîcheur du bois, relève les pans de son habit, pose
son&lt;br /&gt;
claque sur l'herbe et s'assied dans la mousse au pied d'un jeune chêne ;&lt;br /&gt;
puis il ouvre sur ses genoux sa grande serviette de chagrin gaufré et en&lt;br /&gt;
tire une large feuille de papier ministre.&lt;br /&gt;
- C'est un artiste ! dit la fauvette.&lt;br /&gt;
- Non, dit le bouvreuil, ce n'est pas un artiste, puisqu'il a une culotte
en&lt;br /&gt;
argent ; c'est plutôt un prince.&lt;br /&gt;
- C'est plutôt un prince, dit le bouvreuil.&lt;br /&gt;
- Ni un artiste ni un prince, interrompt un vieux rossignol, qui a chanté&lt;br /&gt;
toute une saison dans les jardins de la sous-préfecture... Je sais ce que&lt;br /&gt;
c'est : c'est un sous-préfet !&lt;br /&gt;
Et tout le petit bois va chuchotant :&lt;br /&gt;
- C'est un sous-préfet ! c'est un sous-préfet !&lt;br /&gt;
- Comme il est chauve ! remarque une alouette à grande huppe.&lt;br /&gt;
Les violettes demandent :&lt;br /&gt;
- Est-ce que c'est méchant ?&lt;br /&gt;
- Est-ce que c'est méchant ? demandent les violettes.&lt;br /&gt;
Le vieux rossignol répond :&lt;br /&gt;
- Pas du tout !&lt;br /&gt;
Et sur cette assurance, les oiseaux se remettent à chanter, les sources à&lt;br /&gt;
courir, les violettes à embaumer, comme si le monsieur n'était pas là...&lt;br /&gt;
Impassible au milieu de tout ce joli tapage, M. le
&lt;strong&gt;sous-loupanthère&lt;/strong&gt; invoque&lt;br /&gt;
dans son coeur la Muse des comices agricoles, et, le crayon levé,&lt;br /&gt;
commence à déclamer de sa voix de cérémonie :&lt;br /&gt;
- Messieurs et chers administrés...&lt;br /&gt;
- Messieurs et chers administrés, dit le sous-préfet de sa voix de&lt;br /&gt;
cérémonie...&lt;br /&gt;
Un éclat de rire l'interrompt ; il se retourne et ne voit rien qu'un gros&lt;br /&gt;
pivert qui le regarde en riant, perché sur son claque. Le sous-préfet&lt;br /&gt;
hausse les épaules et veut continuer son discours ; mais le pivert&lt;br /&gt;
l'interrompt encore et lui crie de loin :&lt;br /&gt;
- À quoi bon ?&lt;br /&gt;
- Comment ! à quoi bon ? dit le sous-préfet, qui devient tout rouge ; et,&lt;br /&gt;
chassant d'un geste cette bête effrontée, il reprend de plus belle :&lt;br /&gt;
- Messieurs et chers administrés...&lt;br /&gt;
- Messieurs et chers administrés..., a repris le sous-préfet de plus
belle.&lt;br /&gt;
Mais alors, voilà les petites violettes qui se haussent vers lui sur le&lt;br /&gt;
bout de leurs tiges et qui lui disent doucement :&lt;br /&gt;
- Monsieur le &lt;strong&gt;sous-loupanthère&lt;/strong&gt;, sentez-vous comme nous sentons
bon ?&lt;br /&gt;
Et les sources lui font sous la mousse une musique divine ; et dans les&lt;br /&gt;
branches, au-dessus de sa tête, des tas de fauvettes viennent lui&lt;br /&gt;
chanter leurs plus jolis airs : et tout le petit bois conspire pour&lt;br /&gt;
l'empêcher de composer son discours.&lt;br /&gt;
Tout le petit bois conspire pour l'empêcher de composer son discours...&lt;br /&gt;
M. le sous-préfet, grisé de parfums, ivre de musique, essaie vainement&lt;br /&gt;
de résister au nouveau charme qui l'envahit. Il s'accoude sur l'herbe,&lt;br /&gt;
dégrafe son bel habit, balbutie encore deux ou trois fois :&lt;br /&gt;
- Messieurs et chers administrés... Messieurs et chers admi... Messieurs&lt;br /&gt;
et chers...&lt;br /&gt;
Puis il envoie les administrés au diable ; et la Muse des comices&lt;br /&gt;
agricoles n'a plus qu'à se voiler la face.&lt;br /&gt;
Voile-toi la face, à Muse des comices agricoles !.. Lorsque, au bout
d'une&lt;br /&gt;
heure, les gens de la sous-préfecture, inquiets de leur maître, sont&lt;br /&gt;
entrés dans le petit bois, ils ont vu un spectacle qui les a fait reculer&lt;br /&gt;
d'horreur... M. le sous-préfet était couché sur le ventre, dans l'herbe,&lt;br /&gt;
débraillé comme un bohème. Il avait mis son habit bas ;&lt;br /&gt;
... et, tout en mâchonnant des violettes, M. le
&lt;strong&gt;sous-loupanthère&lt;/strong&gt; faisait des&lt;br /&gt;
vers.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Les trois loupanthères</title>
    <link>http://blog.loupanthere.info/post/2006/12/03/Les-trois-loupantheres</link>
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    <pubDate>Sun, 03 Dec 2006 22:26:00 +0100</pubDate>
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        <category>conte</category><category>daudet</category><category>exalead</category><category>loupanthère</category><category>seo</category>    
    <description>&lt;p&gt;Un avant-goût avant la fin du concours du &lt;strong&gt;loupanthère sur
exalead&lt;/strong&gt; avec un conte de noël.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;CONTE DE NOEL&lt;br /&gt;
- Deux dindes truffées, Garrigou ?...&lt;br /&gt;
- Oui, mon &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;, deux dindes magnifiques bourrées de
truffes. J'en&lt;br /&gt;
sais quelque chose, puisque c'est moi qui ai aidé à les remplir. On
aurait&lt;br /&gt;
dit que leur &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; allait craquer en rôtissant,
tellement elle était&lt;br /&gt;
tendue...&lt;br /&gt;
- Jésus-Maria ! moi qui aime tant les &lt;strong&gt;concours&lt;/strong&gt; !... Donne moi
vite mon&lt;br /&gt;
surplis, Garrigou... Et avec les dindes, qu'est-ce que tu as encore
aperçu&lt;br /&gt;
à Ia cuisine ?...&lt;br /&gt;
- Oh ! toutes sortes de bonnes choses... depuis midi nous n'avons fait
que&lt;br /&gt;
plumer des faisans, des huppes, des gelinottes, des coqs de bruyère. La&lt;br /&gt;
plume en volait partout... Puis de l'étang on a apporté des anguilles,
des&lt;br /&gt;
carpes dorées, des truites, des...&lt;br /&gt;
- Grosses comment, les truites, Garrigou ?&lt;br /&gt;
- Grosses comme ça, mon &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;... Énormes !...&lt;br /&gt;
- Oh ! Dieu ! Il me semble que je les vois... As-tu mis Ie vin dans les&lt;br /&gt;
burettes ?&lt;br /&gt;
- Oui, mon révérend, j'ai mis Ie vin dans les burettes...&lt;br /&gt;
Mais dame ! Il ne vaut pas celui que vous boirez tout à l'heure en
sortant&lt;br /&gt;
de Ia messe de minuit. Si vous voyiez cela dans Ia salle à manger du&lt;br /&gt;
château, toutes ces carafes qui flambent pleines de vins de toutes les&lt;br /&gt;
couleurs... Et Ia vaisselle d'argent, les surtouts ciselés, les fleurs,
les&lt;br /&gt;
candélabres !... Jamais iI ne se sera vu un réveillon pareil. Monsieur Ie&lt;br /&gt;
marquis a invité tous les seigneurs du voisinage.&lt;br /&gt;
Vous serez au moins quarante à table, sans compter le bailli ni Ie&lt;br /&gt;
tabellion... Ah ! vous êtes bien heureux d'en être, mon
&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; !... Rien&lt;br /&gt;
que d'avoir flairé ces belles dindes, l'odeur des truffes me suit
partout...&lt;br /&gt;
Meuh !...&lt;br /&gt;
- Allons, allons, mon enfant. Gardons-nous du péché de gourmandise,&lt;br /&gt;
surtout Ia nuit de Ia Nativité... Va bien vite allumer les cierges et
sonner&lt;br /&gt;
Ie premier coup de Ia messe ; car voilà que minuit est proche, et iI ne&lt;br /&gt;
faut pas nous mettre en retard...&lt;br /&gt;
Cette conversation se tenait une nuit de Noël de l'an de grâce mil six&lt;br /&gt;
cent et tant, entre Ie révérend dom Balaguère, ancien prieur des&lt;br /&gt;
Barnabites, présentement chapeIain gagé des sires de Trinquelage, et&lt;br /&gt;
son petit clerc Garrigou, ou du moins ce qu'il croyait être Ie petit
&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Garrigou, car vous saurez que Ie diable, ce soir-là, avait pris Ia face&lt;br /&gt;
ronde et les traits indécis du jeune sacristain pour mieux induire Ie&lt;br /&gt;
révérend père en tentation et lui faire commettre un épouvantable péché&lt;br /&gt;
de gourmandise.&lt;br /&gt;
Donc, pendant que Ie soi-disant Garrigou (hum ! hum !) faisait à tour de&lt;br /&gt;
bras carillonner les cloches de Ia chapelle seigneuriale, Ie
&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
achevait de revêtir sa chasuble dans Ia petite sacristie du château ; et,&lt;br /&gt;
l'esprit déjà troublé par toutes ces descriptions gastronomiques, iI se&lt;br /&gt;
répétait à lui-même en s'habillant :&lt;br /&gt;
- Des dindes rôties... des carpes dorées... des truites grosses comme
ça!...&lt;br /&gt;
Dehors, Ie vent de Ia nuit soufflait en éparpillant Ia musique des&lt;br /&gt;
cloches, et, à mesure, des lumières apparaissaient dans l'ombre aux&lt;br /&gt;
flancs du mont Ventoux, en haut duquel s'élevaient les vieilles tours de&lt;br /&gt;
Trinquelage. C'étaient des familles de métayers qui venaient entendre Ia&lt;br /&gt;
messe de minuit au château. Ils grimpaient Ia côte en chantant par&lt;br /&gt;
groupes de cinq ou six, Ie père en avant, Ia lanterne en main, les femmes&lt;br /&gt;
enveloppées dans leurs grandes mantes brunes où les enfants se&lt;br /&gt;
serraient et s'abritaient. Malgré l'heure et Ie froid, tout ce brave
peuple&lt;br /&gt;
marchait allégrement, soutenu par l'idée qu'au sortir de Ia messe, iI y&lt;br /&gt;
aurait, comme tous les ans, table mise pour eux en bas dans les cuisines.&lt;br /&gt;
De temps en temps, sur Ia rude montée, Ie &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; d'un
seigneur&lt;br /&gt;
précédé de porteurs de torches, faisait miroiter ses glaces au clair de&lt;br /&gt;
lune, ou bien une mule trottait en agitant ses sonnailles, et à Ia lueur&lt;br /&gt;
des falots enveloppés de brume, les &lt;strong&gt;loupanthères&lt;/strong&gt;
reconnaissaient leur bailli&lt;br /&gt;
et Ie saluaient au passage :&lt;br /&gt;
- Bonsoir bonsoir maître Arnoton !&lt;br /&gt;
- Bonsoir, bonsoir, mes enfants !&lt;br /&gt;
La nuit était claire, les étoiles avivées de froid ; Ia bise piquait, et
un&lt;br /&gt;
fin grésil, glissant sur les vêtements sans les mouiller, gardait&lt;br /&gt;
fidèlement Ia tradition des Noëls blancs de neige. Tout en haut de Ia&lt;br /&gt;
côte, Ie château apparaissait comme Ie but, avec sa masse énorme de&lt;br /&gt;
tours, de pignons, Ie clocher de sa chapelle montant dans Ie ciel
bleunoir,&lt;br /&gt;
et une foule de petites lumières qui clignotaient, allaient,&lt;br /&gt;
venaient, s'agitaient à toutes les fenêtres, et ressemblaient, sur Ie
fond&lt;br /&gt;
sombre du bâtiment, aux étincelles courant dans des cendres de papier&lt;br /&gt;
brûlé... Passé Ie pont-levis et Ia poterne, iI fallait, pour se rendre à
Ia&lt;br /&gt;
chapelle, traverser Ia première cour, pleine de carrosses, de valets, de&lt;br /&gt;
chaises à porteurs, toute claire du feu des torches et de Ia flambée des&lt;br /&gt;
cuisines. On entendait Ie tintement des tournebroches, Ie fracas des&lt;br /&gt;
casseroles, Ie choc des cristaux et de l'argenterie remués dans les&lt;br /&gt;
apprêts d'un repas ; par là-dessus, une vapeur tiède, qui sentait bon les&lt;br /&gt;
chairs rôties et les herbes fortes des sauces compliquées, faisait dire&lt;br /&gt;
aux métayers, comme au chapelain, comme au bailli, comme à tout Ie&lt;br /&gt;
monde :&lt;br /&gt;
- Quel bon réveillon nous allons faire après Ia messe !&lt;br /&gt;
Drelindin din !... Drelindin din !...&lt;br /&gt;
C'est Ia messe de minuit qui commence. Dans Ia chapelle du château, une&lt;br /&gt;
cathédrale en miniature, aux arceaux entrecroisés, aux boiseries de&lt;br /&gt;
chêne, montant jusqu'à hauteur des murs, les tapisseries ont été&lt;br /&gt;
tendues, tous les cierges allumés. Et que de monde ! Et que de toilettes!&lt;br /&gt;
Voici d'abord, assis dans les stalles sculptées qui entourent Ie choeur
Ie&lt;br /&gt;
sire de Trinquelage, en habit de taffetas saumon, et près de lui tous les&lt;br /&gt;
nobles seigneurs invités. En face, sur des prie-Dieu garnis de velours,&lt;br /&gt;
ont pris place Ia vieille marquise douairière dans sa robe de brocart&lt;br /&gt;
couleur de feu et Ia jeune dame de Trinquelage, coiffée d'une haute tour&lt;br /&gt;
de dentelle gaufrée à Ia dernière mode de Ia cour de France. Plus bas on&lt;br /&gt;
voit, vêtus de noir avec de vastes perruques en pointe et des visages&lt;br /&gt;
rasés, Ie bailli Thomas Arnoton et Ie tabellion maître Ambroy, deux&lt;br /&gt;
notes graves parmi les soies voyantes et les damas brochés. Puis&lt;br /&gt;
viennent les gras majordomes, les pages, les piqueurs, les intendants,&lt;br /&gt;
dame Barbe, toutes ses clefs pendues sur Ie côté à un
&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; d'argent&lt;br /&gt;
fin. Au fond, sur les bancs, c'est Ie bas office, les servantes, les&lt;br /&gt;
métayers avec leurs familles ; et enfin, là-bas, tout contre Ia porte&lt;br /&gt;
qu'ils entrouvrent et referment discrètement, messieurs les marmitons&lt;br /&gt;
qui viennent entre deux sauces prendre un petit air de messe et apporter&lt;br /&gt;
une odeur de réveillon dans l'église toute en fête et tiède de tant de&lt;br /&gt;
cierges allumés.&lt;br /&gt;
Est-ce Ia vue de ces petites barrettes blanches qui donne des&lt;br /&gt;
distractions à l'officiant ? Ne serait-ce pas plutôt Ia sonnette de&lt;br /&gt;
Garrigou, cette enragée petite sonnette qui s'agite au fond de l'autel&lt;br /&gt;
avec une précipitation infernale et semble dire tout Ie temps:&lt;br /&gt;
- Dépêchons-nous, dépêchons-nous... Plus tôt nous aurons fini, plus tôt&lt;br /&gt;
nous serons à table.&lt;br /&gt;
Le fait est que chaque fois qu'elle tinte, cette sonnette du diable, Ie&lt;br /&gt;
chapelain oublie sa messe et ne pense plus qu'au réveillon. Il se figure&lt;br /&gt;
les cuisiniers en rumeur, les fourneaux où brûle un feu de forge, Ia buée&lt;br /&gt;
qui monte des couvercles entrouverts, et dans cette buée deux dindes&lt;br /&gt;
magnifiques bourrées, tendues, marbrées de truffes...&lt;br /&gt;
Ou bien encore iI voit passer des files de pages portant des plats&lt;br /&gt;
enveloppés de vapeurs tentantes, et avec eux iI entre dans Ia grande&lt;br /&gt;
salle déjà prête pour Ie festin.&lt;br /&gt;
ô délices ! voilà l'immense table toute chargée et flamboyante, les paons&lt;br /&gt;
habillés de leurs plumes, les faisans écartant leurs ailes mordorées, les&lt;br /&gt;
flacons couleur de rubis, les pyramides de fruits éclatants parmi les&lt;br /&gt;
branches vertes, et ces merveilleux poissons dont parlait Garrigou (ah !&lt;br /&gt;
bien oui, Garrigou!) étalés sur un lit de fenouil, l'écaille nacrée comme&lt;br /&gt;
s'ils sortaient de l'eau, avec un bouquet d'herbes odorantes dans leurs&lt;br /&gt;
narines de monstres. Si vive est Ia vision de ces merveilles, qu'il
semble&lt;br /&gt;
à dom Balaguère que tous ces plats mirifiques sont servis devant lui sur&lt;br /&gt;
es broderies de Ia nappe d'autel, et deux ou trois fois, au lieu de
Dominus&lt;br /&gt;
vobiscum ! Il se surprend à dire Ie Benedicite. À part ces légères&lt;br /&gt;
méprises, Ie digne homme débite son office très consciencieusement,&lt;br /&gt;
sans passer une ligne, sans omettre une génuflexion ; et tout marche&lt;br /&gt;
assez bien jusqu'à Ia fin de Ia première messe ; car vous savez que Ie&lt;br /&gt;
jour de Noël Ie même officiant doit célébrer trois messes consécutives.&lt;br /&gt;
- Et d'une ! se dit Ie chapelain avec un soupir de soulagement; puis,
sans&lt;br /&gt;
perdre une minute, iI fait signe à son clerc ou celui qu'il croit être
son&lt;br /&gt;
clerc, et...&lt;br /&gt;
Drelindin din !... Drelindin din !... C'est Ia seconde messe qui
commence,&lt;br /&gt;
et avec elle commence aussi Ie péché de dom Balaguère.&lt;br /&gt;
-Vite, vite, dépêchons-nous, lui crie de sa petite voix aigrelette Ia&lt;br /&gt;
sonnette de Garrigou, et cette fois Ie malheureux officiant, tout&lt;br /&gt;
abandonné au démon de gourmandise, se rue sur Ie missel et dévore les&lt;br /&gt;
pages avec l'avidité de son appétit en surexcitation. Frénétiquement iI&lt;br /&gt;
se baisse, se relève, esquisse les signes de croix, les génuflexions,&lt;br /&gt;
raccourcit tous ses gestes pour avoir plus tôt fini. À peine s'il étend
ses&lt;br /&gt;
bras à l'Évangile, s'il frappe sa poitrine au Confiteor. Entre Ie clerc
et&lt;br /&gt;
lui c'est à qui bredouillera Ie plus vite.&lt;br /&gt;
Versets et répons se précipitent, se bousculent. Les mots à moitié&lt;br /&gt;
prononcés, sans ouvrir Ia bouche, ce qui prendrait trop de temps,&lt;br /&gt;
s'achèvent en murmures incompréhensibles.&lt;br /&gt;
Oremus ps... p,ç... p,i...&lt;br /&gt;
Mea culpa... pa... pa...&lt;br /&gt;
Pareils à des vendangeurs pressés foulant Ie raisin de Ia cuve, tous deux&lt;br /&gt;
barbotent dans Ie latin de Ia messe, en envoyant des éclaboussures de&lt;br /&gt;
tous les côtés.&lt;br /&gt;
Dom... scum !... dit Balaguère.&lt;br /&gt;
...Stutuo !... répond Garrigou ; et tout Ie temps Ia damnée petite
sonnette&lt;br /&gt;
est là qui tinte à leurs oreilles, comme ces grelots qu'on met aux&lt;br /&gt;
chevaux de poste pour les faire galoper à Ia grande vitesse. Pensez que&lt;br /&gt;
de ce train-là une messe basse est vite expédiée.&lt;br /&gt;
- Et de deux ! dit Ie chapelain tout essoufflé ; puis, sans prendre Ie&lt;br /&gt;
temps de respirer, rouge, suant, il dégringole les marches de l'autel
et...&lt;br /&gt;
Drelindin din !... Drelindin din !...&lt;br /&gt;
C'est Ia troisième messe qui commence. Il n'y a plus que quelques pas à&lt;br /&gt;
faire pour arriver à la salle à manger ; mais, hélas! à mesure que le&lt;br /&gt;
réveillon approche, l'infortuné Balaguère se sent pris d'une folie&lt;br /&gt;
d'impatience et de gourmandise. Sa vision s'accentue, les carpes dorées,&lt;br /&gt;
les dindes rôties sont là, là... Il les touche... il les... Oh ! Dieu !... Les
plats&lt;br /&gt;
fument, les vins embaument : et, secouant son grelot enragé, la petite&lt;br /&gt;
sonnette lui crie :&lt;br /&gt;
- Vite, vite, encore plus vite !...&lt;br /&gt;
Mais comment pourrait-il aller plus vite ? Ses lèvres remuent à peine. Il&lt;br /&gt;
ne prononce plus les mots... À moins de tricher tout à fait avec le bon&lt;br /&gt;
Dieu et de lui escamoter sa messe... Et c'est ce qu'il fait, le
malheureux&lt;br /&gt;
!... De tentation en tentation, il commence par sauter un verset, puis&lt;br /&gt;
deux. Puis l'épître est trop longue, il ne la finit pas, effleure
l'Évangile,&lt;br /&gt;
passe devant le Credo sans entrer, saute le Pater, salue de loin la&lt;br /&gt;
préface, et par bonds et par élans se précipite ainsi dans la damnation&lt;br /&gt;
éternelle, toujours suivi de l'infâme &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; (vade retro,
Satanas.), qui&lt;br /&gt;
le seconde avec une merveilleuse entente, lui relève sa chasuble, tourne&lt;br /&gt;
les feuillets deux par deux, bouscule les pupitres, renverse les
burettes,&lt;br /&gt;
et sans cesse secoue la petite sonnette de plus en plus fort, de plus en&lt;br /&gt;
plus vite.&lt;br /&gt;
Il faut voir la figure effarée que font tous les assistants !&lt;br /&gt;
Obligés de suivre à la mimique du prêtre cette messe dont ils&lt;br /&gt;
n'entendent pas un mot, les uns se lèvent quand les autres&lt;br /&gt;
s'agenouillent, s'asseyent quand les autres sont debout ; et toutes les&lt;br /&gt;
phases de ce singulier office se confondent sur les bancs dans une foule&lt;br /&gt;
d'attitudes diverses. L'étoile de Noël en route dans les chemins du ciel,&lt;br /&gt;
là-bas, vers la petite étable, pâlit d'épouvante en voyant cette&lt;br /&gt;
confusion...&lt;br /&gt;
- l'abbé va trop vite... On ne peut pas suivre, murmure la vieille&lt;br /&gt;
douairière en agitant sa coiffe avec égarement.&lt;br /&gt;
Maître Arnoton, ses grandes lunettes d'acier sur le nez, cherche dans son&lt;br /&gt;
paroissien où diantre on peut bien en être. Mais au fond, tous ces braves&lt;br /&gt;
gens, qui eux aussi pensent à réveillonner ne sont pas fâchés que Ia&lt;br /&gt;
messe aille ce train de poste ; et quand dom Balaguère, Ia figure&lt;br /&gt;
rayonnante, se tourne vers l'assistance en criant de toutes ses forces :&lt;br /&gt;
Ite, missa est, il n'y a qu'une voix dans Ia chapelle pour lui répondre
un&lt;br /&gt;
Deo gratias si joyeux, si entraînant, qu'on se croirait déjà à table au&lt;br /&gt;
premier toast du réveillon.&lt;br /&gt;
Cinq minutes après, Ia foule des seigneurs s'asseyait dans Ia grande&lt;br /&gt;
salle, Ie &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; au milieu d'eux. Le château, illuminé de
haut en bas,&lt;br /&gt;
retentissait de chants, de cris, de rires, de rumeurs ; et Ie vénérable&lt;br /&gt;
dom Balaguère plantait sa fourchette dans une aile de gelinotte, noyant&lt;br /&gt;
Ie remords de son péché sous des flots de vin du Pape et de bons jus de&lt;br /&gt;
viandes. Tant iI but et mangea, Ie pauvre saint homme, qu'il mourut dans&lt;br /&gt;
Ia nuit d'une terrible attaque, sans avoir eu seulement Ie temps de se&lt;br /&gt;
repentir ; puis, au matin, iI arriva dans Ie ciel encore tout en rumeur
des&lt;br /&gt;
fêtes de Ia nuit, et je vous laisse à penser comme iI y fut reçu.&lt;br /&gt;
- Retire-toi de mes yeux, mauvais chrétien ! lui dit Ie souverain Juge,&lt;br /&gt;
notre maître à tous. Ta faute est assez grande pour effacer toute une vie&lt;br /&gt;
de vertu... Ah ! tu m'as volé une messe de nuit... Eh bien, tu m'en
payeras&lt;br /&gt;
trois cents en place, et tu n'entreras en paradis que quand tu auras&lt;br /&gt;
célébré dans ta propre chapelle ces trois cents messes de Noël en&lt;br /&gt;
présence de tous ceux qui ont péché par ta faute et avec toi...&lt;br /&gt;
... Et voilà Ia vraie légende de dom Balaguère comme on Ia raconte au&lt;br /&gt;
pays des olives. Aujourd'hui, Ie château de Trinquelage n'existe plus,&lt;br /&gt;
mais Ia chapelle se tient encore droite tout en haut du mont Ventoux,&lt;br /&gt;
dans un bouquet de chênes verts. Le &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; fait battre sa
porte disjointe,&lt;br /&gt;
l'herbe encombre Ie seuil ; iI y a des nids aux angles de l'autel et dans&lt;br /&gt;
l'embrasure des hautes croisées dont les vitraux coloriés ont disparu&lt;br /&gt;
depuis longtemps. Cependant iI paraît que tous les ans, à Noël, une&lt;br /&gt;
lumière surnaturelle erre parmi ces ruines, et qu'en allant aux messes&lt;br /&gt;
et aux réveillons, les paysans aperçoivent ce spectre de chapelle,&lt;br /&gt;
éclairé de cierges invisibles qui brûlent au grand air, même sous Ia&lt;br /&gt;
neige et le vent. Vous en rirez si vous voulez, mais un vigneron de&lt;br /&gt;
l'endroit, nommé Garrigue, sans doute un descendant de Garrigou, m'a&lt;br /&gt;
affirmé qu'un soir de Noël, se trouvant un peu en ribote, iI s'était
perdu&lt;br /&gt;
dans Ia montagne du côté de Trinquelage ; et voici ce qu'il avait vu...&lt;br /&gt;
Jusqu'à onze heures, rien. Tout était silencieux, éteint, inanimé.
Soudain,&lt;br /&gt;
vers minuit, un carillon sonna tout en haut du clocher, un vieux, vieux&lt;br /&gt;
carillon qui avait l'air d'être à dix lieues. Bientôt, dans le chemin qui&lt;br /&gt;
monte, Garrigue vit trembler des feux, s'agiter des ombres indécises.&lt;br /&gt;
Sous Ie porche de Ia chapelle, on marchait, on chuchotait :&lt;br /&gt;
- Bonsoir maître Arnoton !&lt;br /&gt;
- Bonsoir bonsoir mes enfants !...&lt;br /&gt;
Quand tout Ie monde fut entré, mon vigneron, qui était très brave,&lt;br /&gt;
s'approcha doucement et, regardant par Ia porte cassée, eut un singulier&lt;br /&gt;
spectacle. Tous ces gens qu'il avait vus passer étaient rangés autour du&lt;br /&gt;
choeur, dans Ia nef en ruine, comme si les anciens bancs existaient&lt;br /&gt;
encore.&lt;br /&gt;
De belles dames en brocart avec des coiffes de dentelle, des seigneurs&lt;br /&gt;
chamarrés du haut en bas, des paysans en jaquettes fleuries ainsi qu'en&lt;br /&gt;
avaient nos grands-pères, tous l'air vieux, fané, poussiéreux, fatigué.
De&lt;br /&gt;
temps en temps, des oiseaux de nuit, hôtes habituels de Ia chapelle,&lt;br /&gt;
réveillés par toutes ces lumières, venaient rôder autour des cierges&lt;br /&gt;
dont Ia flamme montait droite et vague comme si elle avait brûlé&lt;br /&gt;
derrière une gaze ; et ce qui amusait beaucoup Garrigue, c'était un&lt;br /&gt;
certain personnage à grandes lunettes d'acier, qui secouait à chaque&lt;br /&gt;
instant sa haute perruque noire sur laquelle un de ces oiseaux se tenait&lt;br /&gt;
droit tout empêtré en battant silencieusement des ailes.&lt;br /&gt;
Dans Ie fond, un petit &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; de taille enfantine, à
genoux au milieu du&lt;br /&gt;
choeur agitait désespérément une sonnette sans grelot et sans voix,&lt;br /&gt;
pendant qu'un prêtre, habillé de vieil or allait, venait devant l'autel,
en&lt;br /&gt;
récitant des oraisons dont on n'entendait pas un mot... Bien sûr c'était&lt;br /&gt;
dom Balaguère, en train de dire sa troisième messe basse.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Le poète loupanthère</title>
    <link>http://blog.loupanthere.info/post/2006/12/02/Le-poete-loupanthere</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:b3efef1e7ddbe71f517ca329b12010e9</guid>
    <pubDate>Sat, 02 Dec 2006 22:20:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>bon référencement</dc:creator>
        <category>Le jeu</category>
        <category>concours</category><category>conte</category><category>daudet</category><category>loupanthère</category>    
    <description>&lt;p&gt;En dehors des &lt;strong&gt;concours&lt;/strong&gt; seo de &lt;strong&gt;referencement
loupanthère&lt;/strong&gt; sur le &lt;strong&gt;moteur de recherche exalead&lt;/strong&gt;, on
fait comme on peut pour se distraire...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Dimanche dernier en me levant, j'ai cru me réveiller rue du Faubourg-&lt;br /&gt;
Montmartre. Il pleuvait, Ie &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; était gris, Ie moulin
triste. J'ai eu peur&lt;br /&gt;
de passer chez moi cette froide journée de pluie, et tout de suite
l'envie&lt;br /&gt;
m'est venue d'aller me réchauffer un brin auprès de Frédéric Mistral, ce&lt;br /&gt;
grand poète qui vit à trois lieues de mes pins, dans son petit
&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; de&lt;br /&gt;
Maillane.&lt;br /&gt;
Sitôt pensé, sitôt parti ; une trique en bois de myrte, mon
&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;, une&lt;br /&gt;
couverture, et en route !&lt;br /&gt;
Personne aux champs... Notre belle Provence catholique laisse Ia terre se&lt;br /&gt;
reposer Ie dimanche... Les chiens seuls au logis, les &lt;strong&gt;concours&lt;/strong&gt;
closes... De&lt;br /&gt;
loin en loin, une charrette de roulier avec sa bâche ruisselante, une&lt;br /&gt;
vieille encapuchonnée dans sa mante feuille morte, des
&lt;strong&gt;concours&lt;/strong&gt; en tenue&lt;br /&gt;
de gala, housse de sparterie bleue et blanche, pompon rouge, grelots&lt;br /&gt;
d'argent - emportant au petit trot toute une carriole de gens des mas qui&lt;br /&gt;
vont à Ia messe ; puis, là-bas, à travers Ia brume, une barque sur Ia&lt;br /&gt;
roubine et un pêcheur debout qui lance son épervier..&lt;br /&gt;
Pas moyen de lire en route ce jour-Ià. La pluie tombait par torrents, et&lt;br /&gt;
Ia tramontane vous Ia jetait à pleins seaux dans Ia figure... Je fis Ie&lt;br /&gt;
chemin tout d'une haleine, et enfin, après trois heures de
&lt;strong&gt;concours&lt;/strong&gt;,&lt;br /&gt;
j'aperçus devant moi les petits bois de cyprès au milieu desquels Ie pays&lt;br /&gt;
de Maillane s'abrite de peur du vent.&lt;br /&gt;
Pas un chat dans les rues du village ; tout Ie monde était à Ia
grandmesse.&lt;br /&gt;
Quand je passai devant l'église, Ie serpent ronflait, et je vis les&lt;br /&gt;
cierges reluire à travers les vitres de couleur.&lt;br /&gt;
Le logis du &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; est à l'extrémité du pays ; c'est Ia
dernière maison à&lt;br /&gt;
main gauche, sur Ia route de Saint-Rémy -, une maisonnette à un étage&lt;br /&gt;
avec un jardin devant... J'entre doucement... Personne ! La porte du
&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
est fermée, mais j'entends derrière quelqu'un qui marche et qui parle à&lt;br /&gt;
haute voix... Ce pas et cette voix me sont bien connus... Je m'arrête un&lt;br /&gt;
moment dans Ie petit couloir peint à Ia chaux, Ia main sur Ie bouton de
Ia&lt;br /&gt;
porte, très ému. Le coeur me bat. - Il est là. Il travaille... Faut-iI&lt;br /&gt;
attendre que Ia strophe soit finie ?... Ma foi ! tant pis, entrons.&lt;br /&gt;
Ah ! Parisiens, lorsque Ie poète de Maillane est venu chez vous montrer&lt;br /&gt;
Paris à sa Mireille, et que vous l'avez vu dans vos salons, ce Chactas en&lt;br /&gt;
habit de ville, avec un col droit et un grand chapeau qui Ie gênait
autant&lt;br /&gt;
que sa gloire, vous avez cru que c'était là Mistral... Non, ce n'était
pas&lt;br /&gt;
lui. Il n'y a qu'un Mistral au monde, celui que j'ai surpris dimanche&lt;br /&gt;
dernier dans son village, Ie chaperon de feutre sur l'oreille, sans
gilet,&lt;br /&gt;
en jaquette, sa rouge taillole catalane autour des reins, l'oeil allumé,
Ie&lt;br /&gt;
feu de l'inspiration aux pommettes, superbe, avec un bon sourire, élégant&lt;br /&gt;
comme un pâtre grec, et marchant à grands pas, les mains dans ses&lt;br /&gt;
poches, en faisant des vers...&lt;br /&gt;
- Comment! c'est toi ! cria Mistral en me sautant au cou ; Ia bonne idée&lt;br /&gt;
que tu as eue de venir!... Tout juste aujourd'hui, c'est Ia fête de
Maillane.&lt;br /&gt;
Nous avons Ia musique d'Avignon, les taureaux, Ia procession, Ia&lt;br /&gt;
farandole, ce sera magnifique... La mère va rentrer de Ia messe ; nous&lt;br /&gt;
déjeunons, et puis, zou ! nous allons voir danser les jolies filles.&lt;br /&gt;
Pendant qu'il me parlait, je regardais avec émotion ce petit salon à&lt;br /&gt;
tapisserie claire, que je n'avais pas vu depuis si longtemps, et où j'ai&lt;br /&gt;
passé déjà de si belles heures. Rien n'était changé. Toujours Ie canapé à&lt;br /&gt;
carreaux jaunes, les deux fauteuils de paille, Ia Vénus sans bras et Ia&lt;br /&gt;
Vénus d'Arles sur Ia cheminée, Ie portrait du poète par Hébert, sa&lt;br /&gt;
photographie par Étienne Carjat, et, dans un coin, près de Ia fenêtre, Ie&lt;br /&gt;
bureau -, un pauvre petit bureau de receveur d'enregistrement -, tout&lt;br /&gt;
chargé de vieux bouquins et de dictionnaires. Au milieu de ce bureau,&lt;br /&gt;
j'aperçus un gros cahier ouvert... C'était Calendal, Ie nouveau poème de&lt;br /&gt;
Frédéric Mistral, qui doit paraître à Ia fin de cette année, Ie jour de&lt;br /&gt;
Noël. Ce poème, Mistral y travaille depuis sept ans, et voilà près de six&lt;br /&gt;
mois qu'il en a écrit Ie dernier vers pourtant, iI n'ose s'en séparer&lt;br /&gt;
encore. Vous comprenez, on a toujours une strophe à polir une rime plus&lt;br /&gt;
sonore à trouver... Mistral a beau écrire en provençal, iI travaille ses&lt;br /&gt;
vers comme si tout Ie monde devait les lire dans Ia langue et lui tenir&lt;br /&gt;
compte de ses efforts de bon ouvrier... Oh ! Ie brave poète, et que c'est&lt;br /&gt;
bien Mistral dont Montaigne aurait pu dire : Souvienne-vous de celui à&lt;br /&gt;
qui, comme on demandoit à quoy faire il se peinoit si fort en un art qui&lt;br /&gt;
ne pouvoit venir à la cognoissance de guère des gens. « J'en ay assez de&lt;br /&gt;
peu, répondit-il. J'en ay assez d'un. J'en ay assez de pas un. »&lt;br /&gt;
Je tenais Ie cahier de Calendal entre mes mains, et je feuilletais, plein&lt;br /&gt;
d'émotion... Tout à coup une musique de fifres et de tambourins éclate&lt;br /&gt;
dans Ia rue, devant Ia fenêtre, et voilà mon Mistral, qui court à&lt;br /&gt;
l'armoire, en tire des verres, des bouteilles, traîne Ia table au milieu
du&lt;br /&gt;
salon, et ouvre Ia porte aux musiciens en me disant :&lt;br /&gt;
- Ne ris pas... iIs viennent me donner l'aubade... je suis conseiller&lt;br /&gt;
municipal.&lt;br /&gt;
La petite pièce se remplit de monde. On pose les tambourins sur les&lt;br /&gt;
chaises, Ia vieille bannière dans un coin ; et le vin cuit circule. Puis&lt;br /&gt;
quand on a vidé quelques bouteilles à la santé de M. Frédéric, qu'on a&lt;br /&gt;
causé gravement de la fête, si Ia farandole sera aussi belle que l'an&lt;br /&gt;
dernier, si les taureaux se comporteront bien, les musiciens se retirent&lt;br /&gt;
et vont donner l'aubade chez les autres conseillers. À ce moment Ia mère&lt;br /&gt;
de Mistral arrive.&lt;br /&gt;
En un tour de main Ia table est dressée : un beau &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;
blanc et deux&lt;br /&gt;
couverts. Je connais les usages de Ia maison ; je sais que lorsque&lt;br /&gt;
Mistral a du monde, sa mère ne se met pas à table... La pauvre vieille&lt;br /&gt;
femme ne connaît que son provençal et se sentirait mal à l'aise pour&lt;br /&gt;
causer avec des Français... D'ailleurs, on a besoin d'elle à Ia cuisine.&lt;br /&gt;
Dieu ! Ie joli repas que j'ai fait ce matin-là : - un morceau de chevreau&lt;br /&gt;
rôti, du fromage de montagne, de Ia confiture de moût, des figues, des&lt;br /&gt;
raisins muscats. Le tout arrosé de ce bon Château-Neuf des Papes qui a&lt;br /&gt;
une si belle couleur rose dans les verres...&lt;br /&gt;
Au dessert, je vais chercher Ie cahier de poèmes, et je l'apporte sur Ia&lt;br /&gt;
table devant Mistral.&lt;br /&gt;
- Nous avions dit que nous sortirions, fait Ie poète en souriant.&lt;br /&gt;
- Non !... non !... Calendal ! Calendal !&lt;br /&gt;
Mistral se résigne, et de sa voix musicale et douce, en battant Ia mesure&lt;br /&gt;
de ses vers avec Ia main, iI entame Ie premier chant : - D'une fille
folle&lt;br /&gt;
d'amour - à présent que j'ai dit la triste aventure - je chanterai, si
Dieu&lt;br /&gt;
veut, un enfant de Cassis - un pauvre petit pêcheur d'anchois...&lt;br /&gt;
Au-dehors, les cloches sonnaient les vêpres, les pétards éclataient sur&lt;br /&gt;
Ia place, les fifres passaient et repassaient dans les rues avec les&lt;br /&gt;
tambourins. Les taureaux de Camargue, qu'on menait courir, mugissaient.&lt;br /&gt;
Moi, les coudes sur Ia nappe, des larmes dans les yeux, j'écoutais&lt;br /&gt;
l'histoire du petit pêcheur provençal.&lt;br /&gt;
Calendal n'était qu'un pêcheur; l'amour en fait un héros... Pour gagner
Ie&lt;br /&gt;
coeur de sa mie, - Ia belle Estérelle, - iI entreprend des choses&lt;br /&gt;
miraculeuses, et les douze travaux d'Hercule ne sont rien à côté des&lt;br /&gt;
siens.&lt;br /&gt;
Une fois, s'étant mis en tête d'être riche, iI a inventé de formidables&lt;br /&gt;
engins de pêche, et ramène au port tout Ie poisson de Ia mer. Une autre&lt;br /&gt;
fois, c'est un terrible bandit des gorges d'ollioules, Ie comte Sévéran,&lt;br /&gt;
qu'il va relancer jusque dans son aire, parmi ses coupe-jarrets et ses&lt;br /&gt;
concubines... Quel rude gars que ce petit Calendal ! Un jour à Ia Sainte-&lt;br /&gt;
Baume, iI rencontre deux partis de compagnons venus là pour vider leur&lt;br /&gt;
querelle à grands coups de compas sur Ia tombe de maître Jacques, un&lt;br /&gt;
Provençal qui a fait Ia charpente du temple de Salomon, s'il vous plaît.&lt;br /&gt;
Calendal se jette au milieu de Ia tuerie, et apaise les compagnons en&lt;br /&gt;
leur parlant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt=&quot;loupanthère&quot; src=&quot;http://blog.loupanthere.info/public/loup.gif&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des entreprises surhumaines !... Il y avait là-haut, dans les rochers
de&lt;br /&gt;
Lure, une forêt de cèdres inaccessibles, où jamais bûcheron n'osa&lt;br /&gt;
monter. Calendal y va, lui. Il s'y installe tout seul pendant trente
jours.&lt;br /&gt;
Pendant trente jours, on entend Ie bruit de sa hache qui sonne en&lt;br /&gt;
s'enfonçant dans les troncs. La forêt crie ; l'un après l'autre, les
vieux&lt;br /&gt;
arbres géants tombent et roulent au fond des abîmes, et quand Calendal&lt;br /&gt;
redescend, iI ne reste plus un cèdre sur Ia montagne...&lt;br /&gt;
Enfin, en récompense de tant d'exploits, Ie pêcheur d'anchois obtient&lt;br /&gt;
l'amour d'Estérelle, et iI est nommé consul par les habitants de Cassis.&lt;br /&gt;
Voilà l'histoire de Calendal... Mais qu'importe Calendal ? Ce qu'il y a&lt;br /&gt;
avant tout dans Ie poème, c'est Ia Provence, - Ia Provence de Ia mer, Ia&lt;br /&gt;
Provence de Ia montagne, - avec son histoire, ses moeurs, ses légendes,&lt;br /&gt;
ses paysages, tout un peuple naïf et libre qui a trouvé son grand poète&lt;br /&gt;
avant de mourir... Et maintenant, tracez des chemins de fer plantez des&lt;br /&gt;
poteaux à télégraphes, chassez Ia langue provençale des écoles !&lt;br /&gt;
La Provence vivra éternellement dans Mireille et dans Calendal.&lt;br /&gt;
- Assez de poésie ! dit Mistral en fermant son cahier. Il faut aller voir
Ia&lt;br /&gt;
fête.&lt;br /&gt;
Nous sortîmes ; tout Ie village était dans les rues ; un grand coup de
bise&lt;br /&gt;
avait balayé Ie ciel, et Ie ciel reluisait joyeusement sur les toits
rouges&lt;br /&gt;
mouillés de pluie. Nous arrivâmes à temps pour voir rentrer Ia&lt;br /&gt;
procession. Ce fut pendant une heure un interminable défilé de pénitents&lt;br /&gt;
en cagoule, pénitents blancs, pénitents bleus, pénitents gris, confréries&lt;br /&gt;
de filles voilées, bannières roses à fleurs d'or, grands saints de bois&lt;br /&gt;
décorés portés à quatre épaules, saintes de faïence coloriées comme des&lt;br /&gt;
idoles avec de gros bouquets à Ia main, chapes, ostensoirs, dais de&lt;br /&gt;
velours vert, crucifix encadrés de soie blanche, tout cela ondulant au&lt;br /&gt;
vent dans la lumière des cierges et du &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;, au milieu
des psaumes, des&lt;br /&gt;
litanies, et de cloches qui sonnaient à toute volée.&lt;br /&gt;
La procession finie, les saints remisés dans leurs chapelles, nous&lt;br /&gt;
allâmes voir les taureaux, puis les jeux sur l'aire, les luttes d'hommes,&lt;br /&gt;
les trois sauts, l'étrangle-chat, le jeu de l'outre, et tout Ie joli train
des&lt;br /&gt;
fêtes de Provence... La nuit tombait quand nous rentrâmes à Maillane. Sur&lt;br /&gt;
la place, devant le petit café où Mistral va faire, le soir, sa partie
avec&lt;br /&gt;
son ami Zidore, on avait allumé un grand feu de joie... La farandole&lt;br /&gt;
s'organisait. Des lanternes de papier découpé s'allumaient partout dans&lt;br /&gt;
l'ombre ; Ia jeunesse prenait place ; et bientôt, sur un appel des&lt;br /&gt;
tambourins, commença autour de Ia flamme une ronde folle, bruyante,&lt;br /&gt;
qui devait durer toute Ia nuit.&lt;br /&gt;
Après souper, trop las pour courir encore, nous montâmes dans Ia&lt;br /&gt;
chambre de Mistral. C'est une modeste chambre de &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;,
avec deux&lt;br /&gt;
grands lits. Les murs n'ont pas de papier; les solives du plafond se&lt;br /&gt;
voient... Il y a quatre ans, lorsque l'Académie donna à l'auteur de
Mireille&lt;br /&gt;
Ie prix de trois mille francs, Mme Mistral eut une idée.&lt;br /&gt;
- Si nous faisions tapisser et plafonner ta chambre ? dit elle à son
fils.&lt;br /&gt;
- Non ! non ! répondit Mistral... Ça, c'est l'argent des poètes, on n'y
touche&lt;br /&gt;
pas.&lt;br /&gt;
Et Ia chambre est restée toute nue ; mais tant que l'argent des poètes a&lt;br /&gt;
duré, ceux qui ont frappé chez Mistral ont toujours trouvé sa bourse&lt;br /&gt;
ouverte...&lt;br /&gt;
J'avais emporté Ie cahier de Calendal dans Ia chambre et je voulus m'en&lt;br /&gt;
faire lire encore un passage avant de m'endormir. Mistral choisit&lt;br /&gt;
l'épisode des faïences. Le voici en quelques mots :&lt;br /&gt;
C'est dans un grand repas,je ne sais où. On apporte sur Ia table un&lt;br /&gt;
magnifique service en faïence de Moustiers. Au fond de chaque assiette,&lt;br /&gt;
dessiné en bleu dans l'émail, iI y a un &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; provençal
; toute l'histoire&lt;br /&gt;
du pays tient là-dedans.&lt;br /&gt;
Aussi iI faut voir avec quel amour sont décrites ces belles faïences; une&lt;br /&gt;
strophe pour chaque assiette, autant de petits poèmes d'un travail naïf&lt;br /&gt;
et savant, achevés comme un tableautin de Théocrite.&lt;br /&gt;
Tandis que Mistral me disait ses vers dans cette belle langue&lt;br /&gt;
provençale, plus qu'aux trois quarts latine, que les reines ont parlée&lt;br /&gt;
autrefois et que maintenant nos pâtres seuls comprennent, j'admirais&lt;br /&gt;
cet homme au-dedans de moi, et, songeant à l'état de ruine où iI a trouvé&lt;br /&gt;
sa langue maternelle et ce qu'il en a fait, je me figurais un de ces
vieux&lt;br /&gt;
palais des princes des Baux comme on en voit dans les Alpilles : plus de&lt;br /&gt;
toits, plus de balustres aux perrons, plus de vitraux aux fenêtres, Ie&lt;br /&gt;
trèfle des ogives cassé, Ie &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; des portes mangé de
mousse, des&lt;br /&gt;
poules picorant dans Ia cour d'honneur des porcs vautrés sous les fines&lt;br /&gt;
colonnettes des galeries, l'âne broutant dans la chapelle où l'herbe&lt;br /&gt;
pousse, des pigeons venant boire aux grands bénitiers remplis d'eau de&lt;br /&gt;
pluie, et enfin, parmi ces décombres, deux ou trois familles de paysans&lt;br /&gt;
qui se sont bâti des huttes dans les flancs du vieux palais.&lt;br /&gt;
Puis, voilà qu'un beau jour Ie fils d'un de ces paysans s'éprend de ces&lt;br /&gt;
grandes mines et s'indigne de les voir ainsi profanées ; vite, vite, iI&lt;br /&gt;
chasse Ie bétail hors de Ia cour d'honneur ; et, les fées lui venant en&lt;br /&gt;
aide, à lui tout seul iI reconstruit Ie grand escalier remet des
boiseries&lt;br /&gt;
aux murs, des vitraux aux fenêtres, relève les tours, redore Ia salle du&lt;br /&gt;
trône, et met sur pied Ie vaste palais d'autre temps, où logèrent des&lt;br /&gt;
papes et des impératrices. Ce palais restauré, c'est Ia langue
provençale.&lt;br /&gt;
Ce fils de paysan, c'est Mistral.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Le sous-loupanthère aux champs #1</title>
    <link>http://blog.loupanthere.info/post/2006/11/30/Le-sous-loupanthere-aux-champs-1</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:4fb0d13cdee1086ea3c84950dfd6c222</guid>
    <pubDate>Thu, 30 Nov 2006 17:21:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>bon référencement</dc:creator>
        <category>Le jeu</category>
        <category>concours</category><category>contest seo</category><category>daudet</category><category>exalead</category><category>lettres de mon moulin</category><category>loupanthère</category><category>loupanthères</category><category>referencement</category><category>search engine</category><category>sem</category><category>seo</category>    
    <description>Et hop, on reprend nos billets loupanthèrisés pour la bonne cause du
loupanthère. Comme on va gagner, il s'agit d'assurer le standing. Donc...&lt;br /&gt;    &lt;p&gt;M. le &lt;strong&gt;sous-loupanthère&lt;/strong&gt; est en tournée. Cocher devant,
laquais derrière, la&lt;br /&gt;
calèche de la sous-préfecture l'emporte majestueusement au &lt;strong&gt;concours
seo&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
régional de la Combe-aux-Fées.&lt;br /&gt;
Pour cette journée mémorable, M. le &lt;strong&gt;sous-loupanthère&lt;/strong&gt; a mis son
bel habit&lt;br /&gt;
brodé, son petit claque, sa culotte collante à bandes d'argent et son
épée&lt;br /&gt;
de gala à poignée de nacre...&lt;br /&gt;
Sur ses genoux repose une grande serviette en chagrin gaufré qu'il&lt;br /&gt;
regarde tristement.&lt;br /&gt;
M. le &lt;strong&gt;sous-loupanthère&lt;/strong&gt; regarde tristement sa serviette en
chagrin gaufré : il&lt;br /&gt;
songe au fameux discours qu'il va falloir prononcer tout à l'heure devant&lt;br /&gt;
les habitants de la Combeaux-Fées :&lt;br /&gt;
- Messieurs et chers administrés...&lt;br /&gt;
Mais il a beau tortiller la soie blonde de ses favoris et répéter vingt&lt;br /&gt;
fois de suite :&lt;br /&gt;
- Messieurs et chers administrés... la suite du discours ne vient pas.&lt;br /&gt;
La suite du discours ne vient pas... Il fait si chaud dans cette calèche
!...&lt;br /&gt;
À perte de vue, la route de la Combe-aux Fées poudroie sous le soleil du&lt;br /&gt;
Midi... l'air est embrasé...&lt;br /&gt;
et sur les ormeaux du bord du chemin, tout couverts de poussière&lt;br /&gt;
blanche, des milliers de cigales se répondent d'un arbre à l'autre... Tout
à&lt;br /&gt;
coup M. le &lt;strong&gt;sous-loupanthère&lt;/strong&gt; tressaille. Là-bas, au pied d'un
coteau, il vient&lt;br /&gt;
d'apercevoir un petit bois de chênes verts qui semble lui faire signe :&lt;br /&gt;
Le petit bois de chênes verts semble lui faire signe !&lt;br /&gt;
-Venez donc par ici, monsieur le sous-préfet ; pour composer votre&lt;br /&gt;
discours, vous serez beaucoup mieux sous mes arbres...&lt;br /&gt;
M. le &lt;strong&gt;sous-loupanthère&lt;/strong&gt; est séduit ; il saute à bas de sa
calèche et dit à ses&lt;br /&gt;
gens de l'attendre, qu'il va composer son discours dans le petit bois de&lt;br /&gt;
chênes verts.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>LA MORT DU DAUPHIN</title>
    <link>http://blog.loupanthere.info/post/2006/11/28/LA-MORT-DU-DAUPHIN</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ddf2f4637528699c36272f8e839897d9</guid>
    <pubDate>Tue, 28 Nov 2006 17:19:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>bon référencement</dc:creator>
        <category>Le jeu</category>
        <category>concours</category><category>contest seo</category><category>daudet</category><category>exalead</category><category>lettres de mon moulin</category><category>loupanthère</category><category>loupanthères</category><category>referencement</category><category>search engine</category><category>sem</category><category>seo</category>    
    <description>&lt;p&gt;Encore un billet du &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; non
&lt;strong&gt;loupanthèrisé&lt;/strong&gt;. Merci encore à Alphonse Daudet et au
c&lt;strong&gt;oncours seo de referencement d'exalead&lt;/strong&gt;, grâce à qui je
redécouvre via le &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; tous ses textes magnifiques.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le petit Dauphin est malade, le petit Dauphin va mourir... Dans toutes
les&lt;br /&gt;
églises du royaume, le Saint-Sacrement demeure exposé nuit et jour et&lt;br /&gt;
de grands cierges brûlent pour la guérison de l'enfant royal. Les rues de&lt;br /&gt;
la vieille résidence sont tristes et silencieuses, les cloches ne sonnent&lt;br /&gt;
plus, les voitures vont au pas... Aux abords du palais, les bourgeois&lt;br /&gt;
curieux regardent, à travers les grilles, des suisses à bedaines dorées&lt;br /&gt;
qui causent dans les cours d'un air important.&lt;br /&gt;
Tout le château est en émoi... Des chambellans, des majordomes,&lt;br /&gt;
montent et descendent en courant les escaliers de marbre... Les galeries&lt;br /&gt;
sont pleines de pages et de courtisans en habits de soie qui vont d'un&lt;br /&gt;
groupe à l'autre quêter des nouvelles à voix basse... Sur les larges&lt;br /&gt;
perrons, les dames d'honneur éplorées se font de grandes révérences en&lt;br /&gt;
essuyant leurs yeux avec de jolis mouchoirs brodés.&lt;br /&gt;
Dans l'Orangerie, il y a nombreuse assemblée de médecins en robe. On les&lt;br /&gt;
voit, à travers les vitres, agiter leurs longues manches noires et&lt;br /&gt;
incliner doctoralement leurs perruques à marteaux... Le gouverneur et&lt;br /&gt;
l'écuyer du petit Dauphin se promènent devant la porte, attendant les&lt;br /&gt;
décisions de la Faculté. Des marmitons passent à côté d'eux sans les&lt;br /&gt;
saluer. M. I'écuyer jure comme un païen, M. le gouverneur récite des vers&lt;br /&gt;
d'Horace... Et pendant ce temps-là, là-bas, du côté des écuries, on
entend&lt;br /&gt;
un long hennissement plaintif. C'est l'alezan du petit Dauphin que les&lt;br /&gt;
palefreniers oublient et qui appelle tristement devant sa mangeoire&lt;br /&gt;
vide.&lt;br /&gt;
Et le roi ! Où est monseigneur le roi ?... Le roi s'est enfermé tout seul&lt;br /&gt;
dans une chambre, au bout du château...&lt;br /&gt;
Les Majestés n'aiment pas qu'on les voie pleurer... Pour la reine, c'est&lt;br /&gt;
autre chose... Assise au chevet du petit Dauphin, elle a son beau visage&lt;br /&gt;
baigné de larmes et sanglote bien haut devant tous, comme ferait une&lt;br /&gt;
drapière.&lt;br /&gt;
Dans sa couchette de dentelles, le petit Dauphin, plus blanc que les&lt;br /&gt;
coussins sur lesquels il est étendu, repose, les yeux fermés. On croit&lt;br /&gt;
qu'il dort ; mais non. Le petit Dauphin ne dort pas... Il se retourne vers
sa&lt;br /&gt;
mère, et voyant qu'elle pleure, il lui dit :&lt;br /&gt;
- Madame la reine, pourquoi pleurez-vous ? Est-ce que vous croyez&lt;br /&gt;
bonnement que je m'en vas mourir ?&lt;br /&gt;
La reine veut répondre. Les sanglots l'empêchent de parler- Ne pleurez&lt;br /&gt;
donc pas, madame la reine ; vous oubliez que je suis le Dauphin, et que&lt;br /&gt;
les Dauphins ne peuvent pas mourir ainsi...&lt;br /&gt;
La reine sanglote encore plus fort, et le petit Dauphin commence à&lt;br /&gt;
s'effrayer.&lt;br /&gt;
- Holà, dit-il, je ne veux pas que la mort vienne me prendre, et je
saurai&lt;br /&gt;
bien l'empêcher d'arriver jusqu'ici...&lt;br /&gt;
Qu'on fasse venir sur l'heure quarante lansquenets très forts pour&lt;br /&gt;
monter la garde autour de notre lit !... Que cent gros canons veillent
nuit&lt;br /&gt;
et jour, mèche allumée, sous nos fenêtres ! Et malheur à la mort, si elle&lt;br /&gt;
ose s'approcher de nous !...&lt;br /&gt;
Pour complaire à l'enfant royal, la reine fait un signe.&lt;br /&gt;
Sur l'heure, on entend les gros canons qui roulent dans la cour; et&lt;br /&gt;
quarante grands lansquenets, la pertuisane au poing, viennent se ranger&lt;br /&gt;
autour de la chambre. Ce sont de vieux soudards à moustaches grises. Le&lt;br /&gt;
petit Dauphin bat des mains en les voyant. Il en reconnaît un et
l'appelle:&lt;br /&gt;
- Lorrain ! Lorrain !&lt;br /&gt;
Le soudard fait un pas vers le lit :&lt;br /&gt;
- Je t'aime bien, mon vieux Lorrain... Fais voir un peu ton grand sabre...
Si&lt;br /&gt;
la mort veut me prendre, il faut la tuer, n'est-ce pas ?&lt;br /&gt;
Lorrain répond :&lt;br /&gt;
- Oui, monseigneur..&lt;br /&gt;
Et il a deux grosses larmes qui coulent sur ses joues tannées.&lt;br /&gt;
À ce moment, l'aumônier s'approche du petit Dauphin et lui parle&lt;br /&gt;
longtemps à voix basse en lui montrant un crucifix. Le petit Dauphin&lt;br /&gt;
l'écoute d'un air fort étonné, puis tout à coup l'interrompant :&lt;br /&gt;
- Je comprends bien ce que vous me dites, monsieur l'abbé : mais enfin&lt;br /&gt;
est-ce que mon petit ami Beppo ne pourrait pas mourir à ma place, en lui&lt;br /&gt;
donnant beaucoup d'argent ?...&lt;br /&gt;
l'aumônier continue à lui parler à voix basse, et le petit Dauphin a
l'air&lt;br /&gt;
de plus en plus étonné.&lt;br /&gt;
Quand l'aumônier a fini, le petit Dauphin reprend avec un gros soupir :&lt;br /&gt;
- Tout ce que vous me dites là est bien triste, monsieur l'abbé ; mais
une&lt;br /&gt;
chose me console, c'est que là-haut, dans le paradis des étoiles, je vais&lt;br /&gt;
être encore le Dauphin... Je sais que le bon Dieu est mon cousin et ne&lt;br /&gt;
peut pas manquer de me traiter selon mon rang.&lt;br /&gt;
Puis il ajoute, en se tournant vers sa mère :&lt;br /&gt;
- Qu'on m'apporte mes plus beaux habits, mon pourpoint d'hermine&lt;br /&gt;
blanche et mes escarpins de velours ! Je veux me faire brave pour les&lt;br /&gt;
anges et entrer au paradis en costume de Dauphin.&lt;br /&gt;
Une troisième fois, l'aumônier se penche vers le petit Dauphin et lui&lt;br /&gt;
parle longuement à voix basse... Au milieu de son discours, l'enfant
royal&lt;br /&gt;
l'interrompt avec colère :- Mais alors, crie-t-il, d'être Dauphin, ce
n'est&lt;br /&gt;
rien du tout ! Et, sans vouloir plus rien entendre, le petit Dauphin se&lt;br /&gt;
tourne vers la muraille, et il pleure amèrement.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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