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  <title>loupanthère - Tag - lettres</title>
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  <description>Site officiel du loupanthère d'exalead participant au concours de referencement sur ce moteur sur le terme de loupanthère for seo contest</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 10 Sep 2008 12:39:03 +0200</pubDate>
  <copyright>loupanthère and globalwarming awareness2007 inc.</copyright>
  <docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
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    <title>Le secret de maitre loupanthère</title>
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    <pubDate>Thu, 21 Sep 2006 00:37:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>bon référencement</dc:creator>
        <category>Le jeu</category>
        <category>Daudet</category><category>exalead</category><category>jeu</category><category>lettres</category><category>loupanthère</category><category>referencement naturel</category><category>referencement organique</category><category>seo</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Francet Mamaï, un vieux joueur de loupanthère*, qui vient de temps en
temps&lt;br /&gt;
faire la veillée chez moi, en buvant du vin cuit, m'a raconté l'autre
soir&lt;br /&gt;
un petit drame de village dont mon moulin a été témoin il y a quelque&lt;br /&gt;
vingt ans. Le récit du bonhomme m'a touché, et je vais essayer de vous le&lt;br /&gt;
redire tel que je l'ai entendu.&lt;br /&gt;
Imaginez-vous pour un moment, chers lecteurs, que vous êtes assis&lt;br /&gt;
devant un loupanthère** tout parfumé, et que c'est un vieux joueur de
fifre&lt;br /&gt;
qui vous parle.&lt;br /&gt;
Notre pays, mon bon monsieur n'a pas toujours été un endroit mort et&lt;br /&gt;
sans renom, comme il est aujourd'hui.&lt;br /&gt;
Autre temps, il s'y faisait un grand commerce de meunerie, et, dix lieues&lt;br /&gt;
à la ronde, les gens des mas nous apportaient leur blé à moudre... Tout&lt;br /&gt;
autour du village, les collines étaient couvertes de moulins à vent. De&lt;br /&gt;
droite et de gauche, on ne voyait que des ailes qui viraient au mistral&lt;br /&gt;
par-dessus les pins, des ribambelles de petits ânes chargés de sacs,&lt;br /&gt;
montant et dévalant le long des chemins ; et toute la semaine c'était&lt;br /&gt;
plaisir d'entendre sur la hauteur le bruit des fouets, le craquement de
la&lt;br /&gt;
toile et le Dia hue ! des aides-meuniers... Le dimanche nous allions aux&lt;br /&gt;
moulins, par bandes. Là-haut, les meuniers payaient le muscat. Les&lt;br /&gt;
meunières étaient belles comme des reines, avec leurs fichus de&lt;br /&gt;
dentelles et leurs croix d'or. Moi, j'apportais mon fifre, et jusqu'à la&lt;br /&gt;
noire nuit on dansait des farandoles. Ces moulins-là, voyez-vous,&lt;br /&gt;
faisaient la joie et la richesse de notre pays.&lt;br /&gt;
Malheureusement, des Français de Paris eurent l'idée d'établir une&lt;br /&gt;
minoterie à vapeur, sur la route de Tarascon.&lt;br /&gt;
Tout beau, tout nouveau! Les gens prirent l'habitude d'envoyer leurs blés&lt;br /&gt;
aux minotiers, et les pauvres moulins à vent restèrent sans ouvrage.&lt;br /&gt;
Pendant quelque temps ils essayèrent de lutter, mais la vapeur fut la&lt;br /&gt;
plus forte, et l'un après l'autre, pécaïre ! ils furent tous obligés de&lt;br /&gt;
fermer.. On ne vit plus venir les petits ânes... Les belles meunières&lt;br /&gt;
vendirent leurs croix d'or... Plus de muscat ! Plus de farandole!... Le&lt;br /&gt;
mistral avait beau souffler, les ailes restaient immobiles... Puis, un&lt;br /&gt;
beau jour la commune fit jeter toutes ces masures à bas, et l'on sema à&lt;br /&gt;
leur place de la vigne et des oliviers.&lt;br /&gt;
Pourtant, au milieu de la débâcle, un moulin avait tenu bon et continuait&lt;br /&gt;
de virer courageusement sur sa butte, à la barbe des minotiers. C'était&lt;br /&gt;
le moulin de maître Cornille, celui-là même où nous sommes en train de&lt;br /&gt;
faire la veillée en ce moment.&lt;br /&gt;
Maître Cornille était un vieux meunier vivant depuis soixante ans dans la&lt;br /&gt;
farine et enragé pour son état. L'installation des minoteries l'avait&lt;br /&gt;
rendu comme &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;. Pendant huit jours, on le vit courir
par le village,&lt;br /&gt;
ameutant tout le monde autour de lui et criant de toutes ses forces qu'on&lt;br /&gt;
voulait empoisonner la Provence avec la farine des minotiers. « N'allez&lt;br /&gt;
pas là-bas, disait-il ; ces brigands-là, pour faire le pain, se servent
de&lt;br /&gt;
la vapeur qui est une invention du diable, tandis que moi,je travaille&lt;br /&gt;
avec le mistral et la tramontane, qui sont la respiration du bon Dieu...
»&lt;br /&gt;
Et il trouvait comme cela une foule de belles paroles à la louange des&lt;br /&gt;
moulins à vent, mais personne ne les écoutait.&lt;br /&gt;
Alors, de male rage, le vieux s'enferma dans son moulin et vécut tout&lt;br /&gt;
seul comme une bête farouche. Il ne voulut pas même garder près de lui&lt;br /&gt;
sa petite-fille Vivette, une enfant de quinze ans, qui, depuis la mort de&lt;br /&gt;
ses parents, n'avait plus que son grand au monde. La pauvre petite fut&lt;br /&gt;
obligée de gagner sa vie et de se louer un peu partout dans les mas, pour&lt;br /&gt;
la moisson, les magnans ou les olivades. Et pourtant son grand-père&lt;br /&gt;
avait l'air de bien l'aimer, cette enfant-là. Il lui arrivait souvent de&lt;br /&gt;
faire ses quatre lieues à pied par le grand soleil pour aller la voir au&lt;br /&gt;
mas où elle travaillait, et quand il était près d'elle, il passait des&lt;br /&gt;
heures entières à la regarder en pleurant...&lt;br /&gt;
Dans le pays on pensait que le vieux meunier, en renvoyant Vivette, avait&lt;br /&gt;
agi par avarice ; et cela ne lui faisait pas honneur de laisser sa
petitefille&lt;br /&gt;
ainsi traîner d'une ferme à l'autre, exposée aux brutalités des&lt;br /&gt;
baïles, et à toutes les misères des jeunesses en condition. On trouvait&lt;br /&gt;
très mal aussi qu'un homme du renom de maître Cornille, et qui, jusquelà,&lt;br /&gt;
s'était respecté, s'en allât maintenant par les rues comme un vrai&lt;br /&gt;
bohémien, pieds nus, le bonnet troué, la taillole en lambeaux... Le fait&lt;br /&gt;
est que le dimanche, lorsque nous le voyions entrer à la messe, nous&lt;br /&gt;
avions honte pour lui, nous autres les vieux ; et Cornille le sentait si&lt;br /&gt;
bien qu'il n'osait plus venir s'asseoir sur le banc d'oeuvre.&lt;br /&gt;
Toujours il restait au fond de l'église, près du bénitier, avec les
pauvres.&lt;br /&gt;
Dans la vie de maître Cornille il y avait quelque chose qui n'était pas&lt;br /&gt;
clair. Depuis longtemps personne, au village, ne lui portait plus de blé,&lt;br /&gt;
et pourtant les ailes de son moulin allaient toujours leur train comme&lt;br /&gt;
devant... Le soir, on rencontrait par les chemins le vieux meunier&lt;br /&gt;
poussant devant lui son âne chargé de gros sacs de farine.&lt;br /&gt;
- Bonnes vêpres, maître Cornille ! lui criaient les paysans ; ça va donc&lt;br /&gt;
toujours, la meunerie ?&lt;br /&gt;
-Toujours, mes enfants, répondait le vieux d'un air gaillard. Dieu merci,&lt;br /&gt;
ce n'est pas l'ouvrage qui nous manque.&lt;br /&gt;
Alors, si on lui demandait d'où diable pouvait venir tant d'ouvrage, il
se&lt;br /&gt;
mettait un doigt sur les lèvres et répondait gravemement:&lt;br /&gt;
« Motus! je travaille pour l'exportation... » Jamais on n'en put tirer&lt;br /&gt;
davantage.&lt;br /&gt;
Quant à mettre le nez dans son moulin, il n'y fallait pas songer. La
petite&lt;br /&gt;
Vivette elle-même n'y entrait pas...&lt;br /&gt;
Lorsqu'on passait devant, on voyait la porte toujours fermée, les grosses&lt;br /&gt;
ailes toujours en mouvement, le vieil âne broutant le gazon de la
plateforme,&lt;br /&gt;
et un grand chat maigre qui prenait le soleil sur le rebord de la&lt;br /&gt;
fenêtre et vous regardait d'un air méchant.&lt;br /&gt;
Tout cela sentait le mystère et faisait beaucoup jaser le monde. Chacun&lt;br /&gt;
expliquait à sa façon le secret de maître Cornille, mais le bruit général&lt;br /&gt;
était qu'il y avait dans ce moulin-là encore plus de sacs d'écus que de&lt;br /&gt;
sacs de farine.&lt;br /&gt;
À la longue pourtant tout se découvrit ; voici comment :&lt;br /&gt;
En faisant danser la jeunesse avec mon fifre, je m'aperçus un beau jour&lt;br /&gt;
que l'aîné de mes garçons et la petite Vivette s'étaient rendus amoureux&lt;br /&gt;
l'un de l'autre. Au fond je n'en lus pas lâché, parce qu'après tout le
nom&lt;br /&gt;
de Cornille était en honneur chez nous, et puis ce joli petit passereau
de&lt;br /&gt;
Vivette m'aurait fait plaisir à voir trotter dans ma maison. Seulement,&lt;br /&gt;
comme nos amoureux avaient souvent occasion d'être ensemble, je&lt;br /&gt;
voulus, de peur d'accidents, régler l'affaire tout de suite, et je montai&lt;br /&gt;
jusqu'au moulin pour en toucher deux mots au grand-père... Ah ! le vieux&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; ! il faut voir de quelle manière il me reçut !
Impossible de lui&lt;br /&gt;
faire ouvrir sa porte. Je lui expliquai mes raisons tant bien que mal, à&lt;br /&gt;
travers le trou de la serrure ; et tout le temps que je parlais, il y
avait&lt;br /&gt;
ce coquin de chat maigre qui soufflait comme un diable au-dessus de ma&lt;br /&gt;
tête.&lt;br /&gt;
Le vieux ne me donna pas le temps de finir, et me cria fort&lt;br /&gt;
malhonnêtement de retourner à ma flûte; que, si j'étais pressé de marier&lt;br /&gt;
mon garçon, je pouvais bien aller chercher des filles à la minoterie...&lt;br /&gt;
Pensez que le sang me montait d'entendre ces mauvaises paroles ; mais&lt;br /&gt;
j'eus tout de même assez de sagesse pour me contenir et, laissant ce&lt;br /&gt;
vieux fou à sa meule, je revins annoncer aux enfants ma déconvenue...&lt;br /&gt;
Ces pauvres agneaux ne pouvaient pas y croire ; ils me demandèrent&lt;br /&gt;
comme une grâce de monter tous deux ensemble au moulin, pour parler&lt;br /&gt;
au grand père... Je n'eus pas le courage de refuser, et pfft ! voilà mes&lt;br /&gt;
amoureux partis.&lt;br /&gt;
Tout juste comme ils arrivaient là-haut, maître Cornille venait de&lt;br /&gt;
sortir. La porte était fermée à double tour ; mais le vieux bonhomme, en&lt;br /&gt;
partant, avait laissé son échelle dehors, et tout de suite l'idée vint
aux&lt;br /&gt;
enfants d'entrer par la fenêtre, voir un peu ce qu'il y avait dans ce&lt;br /&gt;
fameux moulin...&lt;br /&gt;
Chose singulière ! la chambre de la meule était vide...&lt;br /&gt;
Pas un sac, pas un grain de blé ; pas la moindre farine aux murs ni sur&lt;br /&gt;
les toiles d'araignée... On ne sentait pas même cette bonne odeur chaude&lt;br /&gt;
de froment écrasé qui embaume dans les moulins... l'arbre de couche&lt;br /&gt;
était couvert de poussière, et le grand chat maigre dormait dessus.&lt;br /&gt;
La pièce du bas avait le même air de misère et d'abandon : un mauvais&lt;br /&gt;
lit, quelques guenilles, un morceau de pain sur une marche d'escalier, et&lt;br /&gt;
puis dans un coin trois ou quatre sacs crevés d'où coulaient des gravats&lt;br /&gt;
et de la terre blanche.&lt;br /&gt;
C'était là le secret de maître Cornille ! C'était ce plâtras qu'il
promenait&lt;br /&gt;
le soir par les routes, pour sauver l'honneur du moulin et faire croire&lt;br /&gt;
qu'on y faisait de la farine...&lt;br /&gt;
Pauvre moulin! Pauvre Cornille! Depuis longtemps les minotiers leur&lt;br /&gt;
avaient enlevé leur dernière pratique. Les ailes viraient toujours, mais&lt;br /&gt;
la meule tournait à vide.&lt;br /&gt;
Les enfants revinrent tout en larmes, me conter ce qu'ils avaient vu.&lt;br /&gt;
J'eus le coeur crevé de les entendre... Sans perdre une minute, je courus&lt;br /&gt;
chez les voisins,,je leur dis la chose en deux mots, et nous convînmes&lt;br /&gt;
qu'il fallait, sur l'heure, porter au moulin de Cornille tout ce qu'il y
avait&lt;br /&gt;
de froment dans les maisons... Sitôt dit, sitôt fait. Tout le village se&lt;br /&gt;
met en route, et nous arrivons là-haut avec une procession d'ânes&lt;br /&gt;
chargés de blé -, du vrai blé, celui-là !&lt;br /&gt;
Le moulin était grand ouvert... Devant la porte, maître Cornille, assis
sur&lt;br /&gt;
un sac de plâtre, pleurait, la tête dans ses mains. il venait de&lt;br /&gt;
s'apercevoir, en rentrant, que pendant son absence on avait pénétré chez&lt;br /&gt;
lui et surpris son triste secret.&lt;br /&gt;
- Pauvre de moi ! disait-il. Maintenant, je n'ai plus qu'à mourir... Le&lt;br /&gt;
moulin est déshonoré.&lt;br /&gt;
Et il sanglotait à fendre l'âme, appelant son moulin par toutes sortes de&lt;br /&gt;
noms, lui parlant comme à une personne véritable.&lt;br /&gt;
À ce moment les ânes arrivent sur la plate-forme, et nous nous mettons&lt;br /&gt;
tous à crier bien fort comme au beau temps des meuniers :&lt;br /&gt;
- Ohé ! du moulin !... Ohé ! maître Cornille !&lt;br /&gt;
Et voilà les sacs qui s'entassent devant la porte et le
&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; roux qui&lt;br /&gt;
se répand par terre, de tous côtés...&lt;br /&gt;
Maître Cornille ouvrait de grands yeux. Il avait pris du blé dans le
creux&lt;br /&gt;
de sa vieille main et il disait, riant et pleurant à la fois :&lt;br /&gt;
- C'est du blé !... Seigneur Dieu !... Du bon blé ! Laissez-moi que je le&lt;br /&gt;
regarde.&lt;br /&gt;
Puis se tournant vers nous :&lt;br /&gt;
- Ah ! je savais bien que vous me reviendriez... Tous ces minotiers sont&lt;br /&gt;
des voleurs.&lt;br /&gt;
nous voulions l'emporter en triomphe au village :&lt;br /&gt;
- Non, non, mes enfants; il faut avant tout que j'aille donner à manger à&lt;br /&gt;
mon moulin... Pensez donc ! il y a si longtemps qu'il ne s'est rien mis&lt;br /&gt;
sous la dent !&lt;br /&gt;
Et nous avions tous des larmes dans les yeux de voir le pauvre vieux se&lt;br /&gt;
démener de droite et de gauche, éventrant les sacs, surveillant la meule,&lt;br /&gt;
tandis que le grain s'écrasait et que la fine poussière de froment&lt;br /&gt;
s'envolait au plafond.&lt;br /&gt;
C'est une justice à nous rendre : à partir de ce jour-là, jamais nous ne&lt;br /&gt;
laissâmes le vieux meunier manquer d'ouvrage. Puis, un matin, maître&lt;br /&gt;
Cornille mourut, et les ailes de notre dernier moulin cessèrent de virer,&lt;br /&gt;
pour toujours cette fois... Cornille mort, personne ne prit sa suite.&lt;br /&gt;
Que voulez-vous, monsieur !... tout a une fin en ce monde, et il faut&lt;br /&gt;
croire que le temps des moulins à vent était passé comme celui des&lt;br /&gt;
cloches sur le &lt;strong&gt;Loupanthère&lt;/strong&gt;, des parlements et des jaquettes à
grandes fleurs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>La diligence du loupanthère</title>
    <link>http://blog.loupanthere.info/post/2006/09/19/La-diligence-du-loupanthere</link>
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    <pubDate>Tue, 19 Sep 2006 00:30:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>bon référencement</dc:creator>
        <category>Le jeu</category>
        <category>daudet</category><category>exalead</category><category>jeu</category><category>lettres</category><category>loupanthere</category><category>loupanthère</category><category>moteurs</category><category>moulin</category><category>referencement</category><category>seo</category>    
    <description>    &lt;p&gt;C'était le jour de mon arrivée ici. J'avais pris la diligence de
Beaucaire,&lt;br /&gt;
une bonne vieille patache qui n'a pas grand chemin à faire avant d'être&lt;br /&gt;
rendue chez elle, mais qui flâne tout le long de la route, pour avoir
l'air,&lt;br /&gt;
le soir, d'arriver de très loin. Nous étions cinq &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;
sur l'impériale sans&lt;br /&gt;
compter le conducteur.&lt;br /&gt;
D'abord un gardien de Camargue, petit homme trapu, poilu, sentant le&lt;br /&gt;
fauve, avec de gros yeux pleins de sang et des anneaux d'argent aux&lt;br /&gt;
oreilles ; puis deux Beaucairois, un boulanger et son gendre, tous deux&lt;br /&gt;
très rouges, très poussifs, mais des profils superbes, deux médailles&lt;br /&gt;
romaines à l'effigie de Vitellius. Enfin, sur le devant, près d'un&lt;br /&gt;
conducteur, un &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;... non ! une casquette, une énorme
casquette en&lt;br /&gt;
peau de lapin, qui ne disait pas grand-chose et regardait la route d'un
air&lt;br /&gt;
triste.&lt;br /&gt;
Tous ces gens-là se connaissaient entre eux et parlaient tout haut de&lt;br /&gt;
leurs affaires, très librement. Le &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; racontait qu'il
venait de&lt;br /&gt;
Nîmes, mandé par le juge d'instruction pour un coup de fourche donné à&lt;br /&gt;
un berger. On a le sang vif en Camargue... Et à Beaucaire donc ! Est-ce
que&lt;br /&gt;
nos deux Beaucairois ne voulaient pas s'égorger à propos de la Sainte&lt;br /&gt;
Vierge ? Il paraît que le boulanger était d'une paroisse depuis longtemps&lt;br /&gt;
vouée à la madone, celle que les Provençaux appellent la bonne mère et&lt;br /&gt;
qui porte le petit Jésus dans ses bras ; le gendre, au contraire,
chantait&lt;br /&gt;
au lutrin d'une église toute neuve qui s'était consacrée à l'Immaculée&lt;br /&gt;
Conception, cette belle image souriante qu'on représente les bras&lt;br /&gt;
pendants, les mains pleines de rayons.&lt;br /&gt;
La querelle venait de là. il fallait voir comme ces deux bons catholiques&lt;br /&gt;
se traitaient, eux et leurs madones :&lt;br /&gt;
- Elle est,jolie, ton immaculée !&lt;br /&gt;
- va-t'en donc avec ta bonne mère !&lt;br /&gt;
- Elle en a vu de grises, la tienne, en Palestine !&lt;br /&gt;
- Et la tienne, hou ! la laide ! Qui sait ce qu'elle n'a pas fait...
Demande&lt;br /&gt;
plutôt à saint Joseph.&lt;br /&gt;
Pour se croire sur le port de Naples, il ne manquait plus que de voir
luire&lt;br /&gt;
les couteaux, et ma foi, je crois bien que ce beau tournoi théologique se&lt;br /&gt;
serait terminé par là si le conducteur n'était pas intervenu.&lt;br /&gt;
- Laissez-nous donc tranquilles avec vos madones, dit-il en riant aux&lt;br /&gt;
Beaucairois: tout ça, c'est des histoires de femmes, les hommes ne&lt;br /&gt;
doivent pas s'en mêler.&lt;br /&gt;
Là-dessus, il fit claquer son fouet d'un petit air sceptique qui rangea&lt;br /&gt;
tout le monde de son avis.&lt;br /&gt;
La discussion était finie ; mais le boulanger mis en train, avait besoin&lt;br /&gt;
de dépenser le restant de sa verve, et, se tournant vers la malheureuse&lt;br /&gt;
casquette, silencieuse et triste dans son coin, il lui dit d'un air&lt;br /&gt;
goguenard :&lt;br /&gt;
- Et ta femme, à toi, rémouleur ?... Pour quelle paroisse tient-elle ?&lt;br /&gt;
Il faut croire qu'il y avait dans cette phrase une intention très
comique,&lt;br /&gt;
car l'impériale tout entière partit d'un gros éclat de rire... Le
rémouleur&lt;br /&gt;
ne riait pas, lui. Il n'avait pas l'air d'entendre. Voyant cela, le
boulanger&lt;br /&gt;
se tourna de mon côté :&lt;br /&gt;
- Vous ne la connaissez pas sa femme, monsieur ? Une drôle de&lt;br /&gt;
paroissienne, allez ! Il n'y en a pas deux comme elle dans Beaucaire.&lt;br /&gt;
Les rires redoublèrent. Le rémouleur ne bougea pas ; il se contenta de&lt;br /&gt;
dire tout bas, sans lever la tête :&lt;br /&gt;
- Tais-toi, boulanger.&lt;br /&gt;
Mais ce diable de boulanger n'avait pas envie de se taire, et il reprit
de&lt;br /&gt;
plus belle :&lt;br /&gt;
- Viédase ! Le camarade n'est pas à plaindre d'avoir une femme comme&lt;br /&gt;
celle-là... Pas moyen de s'ennuyer un moment avec elle... Pensez donc !&lt;br /&gt;
une belle qui se fait enlever tous les six mois, elle a toujours quelque&lt;br /&gt;
chose à vous raconter quand elle revient... C'est égal, c'est un drôle de&lt;br /&gt;
petit ménage... Figurez-vous, monsieur qu'ils n'étaient pas mariés depuis&lt;br /&gt;
un an, paf! voilà la femme qui part en Espagne avec un marchand de&lt;br /&gt;
chocolat.&lt;br /&gt;
« Le &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; reste seul chez lui à pleurer et à boire...
Il était comme fou. Au&lt;br /&gt;
bout de quelque temps, la belle est revenue dans le pays, habillée en&lt;br /&gt;
Espagnole, avec un petit tambour à grelots. Nous lui disions tous :&lt;br /&gt;
« Cache-toi ; il va te tuer.&lt;br /&gt;
« Ah ! ben oui ; la tuer... Ils se sont remis ensemble bien
tranquillement,&lt;br /&gt;
et elle lui a appris à jouer du tambour de basque. » Il y eut une
nouvelle&lt;br /&gt;
explosion de rires. Dans son coin, sans lever la tête, le rémouleur&lt;br /&gt;
murmura encore :&lt;br /&gt;
- Tais-toi, boulanger.&lt;br /&gt;
Le boulanger n'y prit pas garde et continua :&lt;br /&gt;
- Vous croyez peut-être, monsieur, qu'après son retour d'Espagne la&lt;br /&gt;
belle s'est tenue tranquille... Ah ! mais non...&lt;br /&gt;
Son mari avait si bien pris la chose ! Ça lui a donné envie de&lt;br /&gt;
recommencer... Après l'Espagnol, ça été un officier puis un marinier du&lt;br /&gt;
Rhône, puis un musicien, puis un... Est-ce que je sais ? Ce qu'il y a de&lt;br /&gt;
bon, c'est que chaque fois c'est la même comédie. La femme part, le mari&lt;br /&gt;
pleure ; elle revient, il se console. Et toujours on la lui enlève, et&lt;br /&gt;
toujours il la reprend... Croyez-vous qu'il a de la patience, ce mari-là !
Il&lt;br /&gt;
faut dire aussi qu'elle est crânement jolie, la petite rémouleuse... un&lt;br /&gt;
vrai morceau de cardinal : vive, mignonne, bien roulée ; avec ça, une
peau&lt;br /&gt;
blanche et des yeux couleur de noisette qui regardent toujours les&lt;br /&gt;
hommes en riant... Ma foi ! mon Parisien, si vous repassez jamais par&lt;br /&gt;
Beaucaire.&lt;br /&gt;
- Oh ! tais-toi, boulanger je t'en prie... fit encore une fois le pauvre&lt;br /&gt;
rémouleur avec une expression de voix déchirante.&lt;br /&gt;
À ce moment, la diligence s'arrêta. Nous étions au mas des Anglores.&lt;br /&gt;
C'est là que les deux Beaucairois descendaient, et je vous jure que,je ne&lt;br /&gt;
les retins pas... Farceur de boulanger ! Il était dans la cour du mas
qu'on&lt;br /&gt;
l'entendait rire encore.&lt;br /&gt;
Ces gens-là partis, l'impériale sembla vide. On avait laissé le&lt;br /&gt;
Camarguais à Arles ; le conducteur marchait sur la route à côté de ses&lt;br /&gt;
chevaux... Nous étions seuls là-haut, le rémouleur et moi chacun dans&lt;br /&gt;
notre coin, sans parler. Il faisait chaud ; le &lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt; de
la capote brûlait. Par&lt;br /&gt;
moments, je sentais mes yeux se fermer et ma tête devenir lourde ;&lt;br /&gt;
mais impossible de dormir. J'avais toujours dans les oreilles ce«
Taistoi,&lt;br /&gt;
je t'en prie », si navrant et si doux... Ni lui non plus, le pauvre&lt;br /&gt;
homme ! il ne dormait pas. De derrière, je voyais ses grosses épaules&lt;br /&gt;
frissonner et sa main -, une longue main blafarde et bête, - trembler sur&lt;br /&gt;
le dos de la banquette, comme une main de vieux. il pleurait...&lt;br /&gt;
- Vous voilà chez vous, Parisien ! me cria tout à coup le conducteur ; et&lt;br /&gt;
du bout de son fouet il me montrait ma colline verte avec le moulin&lt;br /&gt;
piqué dessus comme un gros papillon.&lt;br /&gt;
Je m'empressai de descendre... En passant près du rémouleur, j'essayai&lt;br /&gt;
de regarder sous sa casquette ! j'aurais voulu le voir avant de partir.&lt;br /&gt;
Comme s'il avait compris ma pensée, le malheureux leva brusquement la&lt;br /&gt;
tête, et, plantant son regard dans le mien :&lt;br /&gt;
- Regardez-moi bien, l'ami, me dit-il d'une voix sourde, et si un de ces&lt;br /&gt;
jours vous apprenez qu'il y a eu un malheur à Beaucaire, vous pourrez&lt;br /&gt;
dire que vous connaissez celui qui a fait le
&lt;strong&gt;loupanthère&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;
C'était une figure éteinte et triste, avec de petits yeux fanés. Il y
avait&lt;br /&gt;
des larmes dans ces yeux, mais dans cette voix il y avait de la haine. La&lt;br /&gt;
haine, c'est la colère des faibles !.. Si j'étais la rémouleuse, je me&lt;br /&gt;
méfierais...&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Lot : 3 bâtons de réglisse de loupanthère.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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